‹ ChansonsChapitre 174 sur 201 · LES BOSSES DE GROS-JEAN · texte numérisé non relu

LES BOSSES DE GROS-JEAN

Gros-Jean est venu sur son âne , Ce matin , me montrer son crâne :

— J'ai là , dit-il , de tous côtés , Des bosses; vous qui savez lire, Tâtez-les et me racontez

Ce que cela veut dire.

— Quoi ! Gros^Iean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci ?

Entre les mains je prends sa tête , Et du premier coup je m'arrête :

— Gros-Jean , voici la vanité :

Cette bosse; palpez vous-même.

— Oui , monsieur, c'est la vérité , Je m'admire et je m'aime.

— Quoi ! Gros-Jean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci?

Voici l'amour de la fortune :

Cette bosse est assez commune ;

Mais pour vous, paysans sensés.

C'est le vin , la viande et la miche.

— Non pas ; on n'a jamais assez Tant qu'un autre est plus riche.

— Quoi ! GrosJean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci?

Tenez , en voici bien d'une autre :

L'ambition!... Quelle est la vôtre?

D'avoir le foin dans vos greniers Et la paix dans votre ménage ?

— Mais non : je serais volontiers Maire de mon village.

— Quoi ! Gro&Jean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci ?

Voici le jeu , l'amour. . . la gloire ! Oh! maintenant je puis tout croire!

On n'en saurait jamais finir, Si l'on voulait compter la somme De soucis que peut contenir La cervelle d'un homme !

— Quoi ! GrosJean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci?

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