‹ ChansonsChapitre 31 sur 201 · LES PEUPLES · texte numérisé non relu

LES PEUPLES

Air de la Sentinelle,

Sur le palais d*où nos rois sont chassés La garde veille au salut de la France ; Foulant aux pieds ces lambris renversés , Interrogeons la nuit et le silence :

I^e peuple en ses robustes doigts

Brise une coiuronne flétrie ;

Mon Dieu , qui foudroyez les rois ,

Des peuples entendez la voix ,

Veillez aussi sur ma pairie !

Ils sont bannis... respect h leurs malheurs !

Un autre sol couvrira leur poussière ;

La liberté , le front paré de fleurs ,

Verse sur nous sa gloire et sa lumière. Les flots et les vents à la fois Sur eux déchaînent leur furie; Mon Dieu , qui foudroyez les rois , Des peuples entendez la voix , Veillez aussi sur ma patrie !

Un cri s'élève ! . . . et l'Europe est en feu !

L'écho s'émeut , les nations se dressent ! . . .

Laissez passer la justice de Dieu :

L'Océan s'ouvre, et les Alpes s'abaissent ! . . . Partout des trônes et des lois Croule la majesté meurtrie ! . . .

Mon Dieu , qui foudroyez les rois ,

CHANSOJSS. 77

Des peuples entendez la voix , Veillez aussi sur ma patrie !

Non , écoutez ! . . . Le vent qui vient du nord N'apporte ici que des cris de* vengeance ; Des fers cruels, plus cruels que la mort. Pèsent là-bas aux mains d'une autre France ! . . .

N'entendez-vous pas cette voix

De la Pologne qui vous crie...

« O vous , qui foudroyez les rois ,

Des peuples consacrez les droits y

Et rendez-nous une patrie ! »

La nuit s'achève et le ciel a grandi ! De feux plus vifs l'orient se colore ; Puissent nos fils saluer ton midi , Astre brillant dont nous voyons l'aurore !

Va porter, sous des cieux plus froids ,

Un rayon à la Sibérie ! . . .

Mon Dieu , qui foudroyez les rois ,

Des peuples bénissez les droits ,

Veillez toujours sur ma patrie !

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