FANTAISIE
Adèle est brillante et vermeille Gomme l'aurore qui s'éveille A l'horizon des doux climats ; Dans ses beaux yeux l'azur se pose ; Sa bouche est une fleur éclose. . . .
Mais, hélas! je ne l'aime pas.
Clémence est la douce figure Tranquille comme une onde pure , Sensible comme les lilas ; Je sais bien que sa tète est blonde , Et l'on dit que sa jambe est ronde ; Mais, hélas! je ne l'aime^ pas.
Julie est la rieuse fille ; L'esprit dans sa bouche pétille Et n'épargne rien ici-l)as :
Elle en a même pour médire; Son existence est un sourire; Mais, hélas! je ne l'aime pas.
Clarisse est la pâle créole ; L'amour est dans sa tète folle, Et le plaisir entre ses bras.
Le feu jaillit de sa prunelle; Chacun la nomme la plus belle ; Mais, hélas! je ne l'aime pas.
Il en est une autre sur terre , Sans qui mon cœur est soUtaire ,
Et dont le nom se dit tout bas ; Je sens près d'elle un trouble extrême , Et je lui redis que je Taime ; Mais, las! elle ne m'aime pas.