‹ ChansonsChapitre 59 sur 201 · REVES ET REALITES · texte numérisé non relu

REVES ET REALITES

Élançons-nous loin des sphères mortelles ; Allons rêver clans ce monde divin Où l'ùme glisse , où le corps a des ailes , Où le printemps n'a jamais eu de fin ;

i;2 GUSTAVE NADAUD.

Où chaque fleur ne meurt que pour renaître

Mais , sapristi ! comme le vent est frais ! Dépéchons-nous de fermer ma fenêtre ; Couvrons-nous bien ; nous rêverons après.

Oui , je le sens , le ciel me vivifie ; L'air est plus pur et le soleil plus chaud. Tous ces humains dévorés par Tenvie , Qu'ils sont petits , regardés de si haut !

Ce vil métal dont la terre fait gloire

On frappe — Entrez — Hélas! je l'ignorais : C'est mon tailleur orné de son mémoire. Payons toujours; nous rêverons après.

Quels sentiments s'emparent de mon être? C'est la vertu, c'est la foi, c'est l'amour : Non cet amour qu'un seul jour a fait naître , Et qui s'enfuit emporté par un jour ;

Mais cette flamme idéale et rêveuse

On frappe encore.... Ah ! c'est un fait exprès! Je n'ouvre pas.... Tiens, c'est ma blanchisseuse! Entrez, Anna... nous rêverons après.

Découvrez -vous, champs de la poésie.

Sur mon chemin épanchez vos trésors.

Qu'avec vos dieux je goûte l'ambroisie ; Que le nectar pour moi coule à pleins bords î Ah ! prolongez ma mortelle existence ! . . . Mais le soir vient.... O douleur! ô regrets! Mon estomac réclame sa pitance !

Allons dîner ; nous rêverons après.

CFIANSONS. 143

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