‹ ChansonsChapitre 75 sur 201 · LE PHALANSTÈRE · texte numérisé non relu

LE PHALANSTÈRE

Tu veux , mon gaillard , Changer la machine ronde.

Et faire , un peu tard , Le bonheur de tout le monde?-

Ah ! tant mieux !

Rendons les hommes heureux , Mon compère;

Rendons les hommes heureux , Et vive ton phalanstère y Mon compère!

Pour g[uérir nos maux , Voyons, que fais-tu? — Des phrases?

Tu forges des mots, Tu nous ranges dans des cases!

Bien plutôt, Donne-nous la poule au pot,

Mon compère; Donne-nous la poule au pot, Et vive ton phalanstère ,

Mon compère!

Du monde surpris Tu rétablis l'équilibre ; Heureux les maris !

La femme redevient libre ! . . . —

C'est un tort :

Rends-la fidèle d'abord ,

Mon compère; Rends-la fidèle d'abord , Et vive ton phalanstère ,

Mon compère !

Sans doute la mer T'a rendu souvent malade ;

De son flot amer Tu fais une limonade. —

Sois plus fin :

Change l'Océan en vin ,

Mon compère , Change l'Océan en vin ,

Et vive ton phalanstère, Mon compère !

On me dit tout bas Que , comme faveur dernière ,

Tu nous orneras D'un bout de queue au derrière.

Mais avant, Embellis-nous par devant ,

Mon compère; Embellis-nous par devant , Et vive ton phalanstère , Mon compère !

Tu n'es qu'un savant ; Mais je vois tes camarades

Traduire souvent Tes leçons en barricades — —

Halte là !

On peut s'aimer sans cela ,

Mon compère ; Va, crois-moi, restons-en là; Et laisse ton phalanstère,

Mon compère.

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