‹ ChansonsChapitre 14 sur 37 · L'ÉCOLIÈRE · texte numérisé non relu

L'ÉCOLIÈRE

Approchez, aimable écolière, Vous qui fûtes maîtresse un jour; Approchez, et, moins familière Avec Lhomond qu'avec Tamour, Instruisez-vous : chacun son tour.

Mais, par un doux air de folie.

Grand Dieu ! comme elle est embellie ! Finissez, Rose, finissez :

Est-ce l'instant d'être jolie ?

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître, obéissez.

Quoi! vous épelez, incertaine, Même un chapitre de roman; Attendez-vous la soixantaine Pour savoir lire couramment Les petits vers de votre amant?

Mais que demande ce sourire ?

Pourquoi ce bras nu qui m'attire ?

Finissez, Rose, finissez :

Est-ce dans mes yeux qu'il faut lire?

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître, obéissez.

La grammaire vous effarouche, Et j'entends rire à mon côté Lorsque les S dans votre bouche Usurpent la place des T :

Quel soufflet pour ma vanité !

Mais cette bouche que j'accuse Veut se défendre par la ruse.

Finissez, Rose, finissez :

Un baiser n'est pas une excuse.

Finissez, Rose, finissez :

Je suis le maître ;, obéissez.

Hélas! elle est encor maîtresse;

Le livre échappe de sa main :

Il tombe et s'effeuille... Ah ! traîtresse,

Vous le foulez avec dédain !

Vous triomphez, mais c'est en vain.

Ne pas céder est mon système :

Passons au chapitre deuxième.

Vite, vite, recommencez, (Dût la leçon finir de même!) Vite, vite, recommencez :

Je suis le maître, obéissez.

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