‹ ChansonsChapitre 33 sur 37 · LA CONFESSION · texte numérisé non relu

LA CONFESSION

Quoi! tu l'as dit, plus d'amours à ta suite !

Quoi ! tu voudrais, t'effeuillant sous la croix,

Rose, ma Rose, égayer un jésuite

De tes péchés, un peu des miens, je crois!

Ah! pèche encor, pécheresse gentille;

Et, si nos cœurs de quelque ennui sont lourds,

Couple fervent, l'un à l'autre sans grille

Confessons-nouSj confessons-nous toujours.

Jeunes beautés, avec les hirondelles Quand vous voyez les sylphes accourir, Lorsqu'au doux bruit de leurs battements d'ailes Vous vous sentez défaillir et mourir.

Pas n'est besoin, contre un charme éphémère. Du beau curé ni de ses beaux discours : Cœur de seize ans, au cœur de votre mère Confessez-vous, confessez-vous toujours.

Mais, tôt ou tard, l'hymen, l'hymen despote^ A vos beaux yeux enseignera les pleurs,

Qu'en suppliant alors Trilby s'arrête, Un soir d'orage, au coin de votre feu. Grondez bien bas,... puis, après la tempête, Confessez-vous, confessez-vous à Dieu.

Vous qui marchez pieds nus et, sur la route, Dans le ruisseau trempez votre pain noir; Vous qui chantez sans que la dame écoute, Là-bas, penchée au balcon du manoir; Vous qui rêvez amour, gloire, chimère, Puis, au réveil, le cœur battant d'effroi, Les bras tendus, vous écriez : « Ma mère !... v Confessez-vous, confessez-vous à moi.

Mainte blessure à l'ami le plus tendre Souvent échappe et saigne à l'abandon; Souvent pour l'homme il serait doux d'entendre Au nom de Dieu sonner le mot pardon; Mais la soutane a hahyé la fange.

Mais le péché frétille par-dessous.

Quand tu verras tomber du ciel un ange, Avertis-moi, Rose, et confessons-nous; Vile à ses pieds, vite confessons-nous.

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