‹ Chansons inéditsChapitre 15 sur 61 · POUR MA PATRIE · texte numérisé non relu

POUR MA PATRIE

X' attendez plus de moi La molle poésie Qui dun secret émoi Tenait l'âme saisie.

0 France, je t'aimais Jusqu'à l'idolâtrie!

Tous mes chants désormais Seront pour m.a patrie !

Je n'aiguiserai plus L'inutile satire ; Les temps sont révolus Des traits qui l'aisoient rire Railleuse, je l'aimais; Je l'admire, attendrie :

Tous mes vœux désormais Seront pour ma patrie !

Je n'irai plus au loin Répandre mon aumône, Quand ma mère a besoin Du pain qu'elle me donne.

GUSTAVE \'ADAUD.

Prodigue, je l'aimais; Je l'estime, appauvrie :

Tout mon or désormais Sera pour ma patrie !

De mon propre malheur J'oublîrai les atteintes; J'ai voué ma douleur A des causes plus saintes.

Prospère, je l'aimais; Je l'honore, flétrie :

Tous mes pleurs désormais Seront pour ma patrie !

Je ne me battrai pas Pour un mot dérisoire; Il faut que mon trépas Ait son but et sa gloire.

Puissante, je t'aimais; Je te venge, meurtrie :

Tout mon sang désormais Sera pour ma patrie !

CHANSOX^S INEDITES.

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