‹ Chansons inéditsChapitre 41 sur 61 · LE CYGNE · texte numérisé non relu

LE CYGNE

Enfant, tu regardes le cygne Sur cette eau cingler en glissant, Et tracer une double ligne Qui va s' élargissant.

A sa blanclieur, à sa noblesse , Tu juges qu'il a des regrets Si son vol épuisé le laisse A nos sombres marais.

Tu crois que la neige et l'écume Doivent être ses aliments, Et qu'il faut pour baigner sa plume L'azur des lacs dormants.

Mais non; l'eau trouble et délétère, L'aliment vil et sans fraîcbeur, Conspirent pour que rien n'altère Sa suprême blancheur.

Enfant, tu connaîtras la vie; Tu verras des homme» méchants

CHANSONS INEDITES. 153

Verser le fiel de leur envie Sur tes nobles penchants.

Pardonne au jaloux qui t'observe; Bénis le sceptique railleur.

Que toute inimitié ne serve Qu'à te rendre meilleur.

Si parfois leur haine t'indigne ,

Pense à l'emblème de l'oiseau :

Toute chose fait blanc le cygne;

Tout rend noir le corbeau.

Fais sortir les fleurs de la fange Et le diamant du charbon.

Du mal ainsi le bien se venge.

C'est si bon d'être bon!

GUSTAVE \ADAUD.

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