LES VOLONTAIRES
A Ba^eux-Ditmesnil
Comme ils étaient fort entêtés Quand ils avaient leurs volontés
Nos vaillants pères!
Les gas à poil de ce temps-là Voulurent qu'on les appela
Les volontaires ,
Au pays où l'on fait du vin, Où la vigne est le médecin
Des poitrinaires, Les hommes sont si bien bâtis Que tous, un jour, grands et petits,
Sont volontaires.
Mal équipés, en gros sabots,, ' Ils coururent, le sac au dos,
A nos frontières, Avec la Marseillaise au cœm^ Et du courage à faire peur,
Des volontaires.
On ne voyait point de musards, Point de poussifs, point de traînards
Dans les ornières.
La Liberté donnait du nerf, Des pieds et des jarrets de cerf
Aux volontaires.
Aussi ce ne fut pas bien long De reclouer le pavillon
Sur nos frontières.
Liberté, mère des héros, Ils avaient du feu dans les os,
Tes volontaires.
Liberté, c'était en ton nom Qu'ils se faisaient chair à canon
Et de civières !
0 patronne ! quand vous hurlez.
Ça fourmille comme les blés,
Les volontaires.
Londres, 1873.
Musique de Marcel Legay. — Éditeur : M. Bassereau, 240, rue Saint-Martin, Paris.