NARCISSE CHANGÉ EN FLEUR
pot-poi ;rki.
Imitation burlesque d'une métamorphose d'Ovide.
Ara : Tolo Carabo. Il était un jeune homme .
Qui n'avait pas d'pareil
Sous l'soleil ; Aussi fallait voir comme En tous lieux on regardait Le cadet.
Leshomm's le mirant, Les femm's l'admirant Disaient en soupirant :
« Mais voyez doue [Ins.
« L' joli p'tit Cupidon. »
Air : 11 élail une fille.
Un' nymphe bien gentille, Qu'on appelait Echo, Tombe amoureus' de c' biau coco
N AltCI S S E .
DE BliAZIEK. io.S
Mais Narrés', de cett' filic Dédaignant les appas, N' la r'gardait seul'ment pas, Ah!...
Air :11a voulu , il n'a pas pu.
Chacun jasait,
Chacun disait, En narguant celt' bergère :
■i Elle a voulu,
" EU' n'a pas pu , « EH' n'a pas pu lui plaire. >
Air : Non , je ne ferai pas.
Comme elle avait en haut queuqu'zun de sa famille, Tout l'Olimp' fut touché d' l'affront dec'te jeun' fille ; £t pour mieux la venger d'un outrageant refus , Les dieux ne disaient rien, mais... n'en pensaient pas plus.
Ain : Tod, ton, tontaine, tonton.
Vlà qu' Narcisse, tout hors d'haleine D'avoir chassé dans le canton,
Tonton, tonton, ('•"•*•)
Tontaine ,
Ton, ton,
S' dit : « Depuis c' matin je m' promène, Buvons un coup, ca r'donn'du ton, i Tonton, « Ton taine , ' Ton , ton.
Air : Sans mentir.
Auprès d'une source pure Narciss' faisait 1' damoiseau; Vlà t'-il pas qu' par aventure, Il voit son visag' dans l'eau :
Soudain, sans y prendre garde , Un p'tit frisson vient 1' saisir, Et mon drôle se regarde Disant avec un soupir :
.c Sans mentir,
« Sans mentir, « C'te figur'-là m' fait plaisir. •>
Air: J'ai vu la meunière.
Zeste, il s'élance sans trembler
Dans c'te p'tit' rivière, Et là, fautl'voir se contempler
De plus d'un' manière; Tantôt s' couchant, tantôt s' levant.
Se caressant, et se trouvant
DE 1JKAZ1KII.
iiien beau par derrière , Plus beau par devant.
Air du Lendemain.
Bercé par un mensonge, A peine est-il sorti d' l'eau ,
Qu' vingt fois il s'y replonge Pour s'admirer de nouveau.
Tout d' son long v'ià qu'il se couche, Il croit qu'il va s'embrasser , Et l'eau lui vient à la bouche Rien qu' d'y penser.
Air du vaudeville du Petit Courrier.
Le beau Narcisse, tout en feu, En perd le r'pos, 1' manger et 1' boire ; Or d'après ça, vous devez croire Que 1' métier 1' fatiguait un peu.
Plus y s' trémouss', plus y s' démène, Plus il brûle d'un feu nouveau ; Si bien qu'au bout de la semaine On F trouva desséché dans l'eau.
Air : Chantons l'amour et le plaisir.
Totis ses parents, dans les alarmes, Criaient, s'arrachaient les cheveux;
On leur dit qu' pour tarir leurs larmes, Faut qu'ils aill't au séjour des oieux. Crac; v'ià qu' tout' sa famille y grimpe, Et, par un décret de l'Olvmpe, On changea le pauvre homme en jletir Pour le remettre en bonne odeur.