DES COUPLETS DE FÊTE
Air: A ma Margot.
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comm' ça vous met dans l'embarras !
L'été dernier , mon ami Beaude M'emmène pour fêter un Claude ; Nous nous campons dans un sapin Qui nous conduit à Saint-Germain.
Ali! mon Dieu, mon Dieu, que c'est bête, Les couplets de fête !
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comm' ça vous met dans l'embarras !
Nous arrivons, on me présente Au maître qui me complimente ; De là je vais dans le jardin
Bâiller en cherchant un refrain...
Ah! mon Dieu, mon Dieu , que c'est bète Les couplets de fête!
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comm' ça vous met dans l'embarras !
Après m'être cassé la tète , J'arrive au banquet de la fête ; J'avais l'appétit bien ouvert, On allait servir le dessert...
Ah! mon Dieu, mon Dieu, que c'estbète, Les couplets de fête !
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comm' ca vous met dans l'embarras !
Selon la coutume ordinaire , Je dis que Claude est un bon père ; Soudain mon voisin me poussant, Me dit : « Il n'a pas un enfant ! » Ah! mon Dieu, mon Dieu , que c'est bète. Les couplets de fête !
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comme ça vous met dans l'embarras !
Je dis que de toute son ame
Le bon Claude adore sa femme;
DE BKAZlEli.
— Monsieur, vous n'avez pas pensé Que son divorce est prononcé.
Ali! mon Dieu, mon Dieu , que c'est bête, Les couplets de fête !
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comm' ça vous met dans l'embarras !
Je dis que Claude est honnête homme, Et que pour tel on le renomme.
— Mais la veille du jour de l'an Il a déposé son bilan !...
Ah! mon Dieu, mon Dieu , que c'est bête. Les couplets de fête !
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comme ça vous met dans l'embarras !
Puis j'apprends à la compagnie Que l'ami Claude est un génie.
— Il fallait glisser là-dessus, S'il sait lire, c'est tout au plus.
Ah! monDieu, mon Dieu, que c'est bête, Les couplets de fête!
Chanter des gens qu'on ne connaît pas, Comm' ca vous met dans l'embarras !
Chez lui de Bordeaux, de Bourgogne , Je dis qu'on se rougit la trogne.
— Ainsi que vous je l'avais cru, Mais il n'a que du vin du crû.
Ah! mon Dieu, mon Dieu , que c'est bête, Les couplets de fête !
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comm' ça vous met dans l'embarras !
Voyant ma chanson applaudie, Le bon Claude me remercie ; Et moi je reviens à Paris Répéter à tous mes amis :
Ah! mon Dieu, mon Dieu, que c'est bête, Les couplets de fête !
Chanter des gens qu'on n' connaît pas , Comm' ca vous met dans l'embarras !
])F, l'.F.AZIKFv.
SOUVENIR ET OUBLÎ.
Am : Vaudeville du Passr-pai tout.
Je dis aux gens qui vivent dans ma sphère Et dont l'honneur est la première loi : « Quand vous aurez un peu de bien à faire, « Pensez à moi, frères, pensez à moi. » Je dis à ceux que dévore l'envie :
« Allons, messieurs! puisque je vous déplus « Déchirez-moi dans le cours de ma vie, « Oubliez-moi quand je ne serai plus. »
Vous qui jadis, par un bienfait insigne, Mettiez d'un mot tous mes sens en émoi, Si de vos fers je ne suis pas indigne, Pensez à moi, femmes, pensez à moi.
Que de plaisir... de bonheur... mais silence.. N'éveillons pas des regrets superflus.
Ah ! si jamais j'en perds la souvenance. Oubliez-moi quand je ne serai plus.
Vous'qui, nageant dans une ivresse aimable, Buvez, chantez, comme je chante et boi; Le verre en main, quand vous serez à table, Pensez à moi , lurons, pensez à moi.
Vous qui blâmez, en parlant de morale, Ces longs dîners où toujours je me plus , Pour que mon nom ne soit pas un scandale , Oubliez-moi quand je ne serai plus.
Lorsque la Parque aura sonné mon heure, Je subirai son arrêt sans effroi, Pour me conduire à ma sombre demeure, Pensez à moi, chrétiens, pensez à moi.
Vous qui jamais ne prêchez l'indulgence, vSi j'ai failli dans ce monde, au surplus, Laissez à Dieu le soin de sa vengeance; Oubliez-moi quand je ne serai plus.
DE lîll Aï. I KR.