‹ ChansonsChapitre 50 sur 92 · HISTORIETTE · texte numérisé non relu

HISTORIETTE

A m : Vlà c'que c'est qu' d'aller au bois.

De l'amour j'ai senti les feux,

Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeu\;

Dans un bosquet silencieux , Je trouvai Colette , Dormant sur l'her bette,

Aussitôt j'en fus amoureux...

Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux.

Pour moi quel aspect dangereux , Vlà c'que c'est qu' d'avoir des yeux; Son joli sein était au mieux, Un mouchoir le couvre, Mais le vent l'en I r'ouvre;

J'y lance un regard curieux...

Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux.

Colette ouvre ses grands yeux bleus, Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux; Puis, d'un petit air langoureux,

Sans y prendre garde ,

Elle me regarde , Et... nous nous plaisons tous les deux... Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux.

Je ne fus pas long-temps heureux , Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux ; Les galants et les envieux

Offrent à Colette

Bijoux et toilette ; Colette rit à chacun d'eux...

Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux.

Alors je deviens soupçonneux, Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux ; Un soir, sous un myrte amoureux,

Je trouve ma belle,

Loin d'être rebelle, Je vois... quel spectacle, grands Dieux! Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux.

Jugez combien je fus honteux !

Vlà c* que c'est qu' d'avoir des yeux ;

Y voir trop clair est malheureux...

Sur de ma défaite,

Je quittai Colette, Et je pleure mon sort affreux ; Vlà c' que c'est qu' d'avoir des yeux.

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