MARIEZ-VOUS
Ai a de la ronde de Sainl-MaJa.
Pour célébrer ce mariage Désirant un refrain nouveau , Pendant huit jours et davantage Je me suis creusé le cerveau ; Et n'ayant rien trouvé la veille , J'allais presque entrer en courroux , Lorsque l'amour vint me dire à l'oreille , Ce refrain si doux :
Mariez-vous.
Fuir l'hymen est un trait indigne , Tout s'unit sur terre et dans l'eau ; Dans les champs , regardez la vigne , A côté , regardez l'ormeau ; Cédant au plus aimable empire,
i.'i CHANSONS
Dès leur naissance ils sont époux;
Leurs doux liens ne semblent-ils pas dire :
Faites comme nous ,
Mariez- vous ?
Qu'est-ce que c'est que vieille fille, Qu'est-ce que c'est que vieux garçon ?
Vive une mère de famille , Vive un père sensible et bon!
Moi, je voudrais que dans la France, Pour réformer les vieux jaloux, On affichât partout cette ordonnance:
Messieurs les hiboux , Mariez-vous.
Mamans, lorsqu'une jeune fille Éprouvera quelque langueur , Pour la rendre fraîche et gentille Ne courez pas chez le docteur ; Vite il ferait une recette, Lorsqu'il vaudrait mieux , entre nous, Dire tout bas à la jeune fillette, En tâtant son pouls :
Mariez-vous.
.l'aime beaucoup le vin d'Espagne.
Le Beaune m'offre des appas,
Volontiers je bois du Champagne, Le Bordeaux ne me déplaît pas.
De ces vins-là, sans que je tremble, Volontiers je bois plusieurs coups , El puis je dis : « Arrangez-vous ensemble ; « Vous me plaisez tous , « Mariez-vous. »