‹ ChansonsChapitre 56 sur 92 · A TON TOUR, PAILLASSE · texte numérisé non relu

A TON TOUR, PAILLASSE

Air: Quand la mer Rouge apparu!.

Rimer est mon seul défaut,

Tout sujet m'enchante ; A ton tour, Paillasse, il faut

Qu'ici je te chante ; En me lisant, aussitôt, Radet * va dire tout haut :

Ce mot fut mon lot ,

Si tu crois, nigaud , Sans l'esprit , Qui séduit,

Grimper au Parnasse,

A ton tour , Paillasse.

A Paris , des indigents L'aspect importune,

1 Radel a chant* te mol aux Dîners du Yandeiille.

»E BRAZ1KR.

Et pourtant j'y vois des geni»

Doubler leur fortune ; L'un achète des châteaux , Un autre arme des vaisseaux , Et moi, sans écus, J'attends que Plutus, Un beau jour, A son tour, Me répète en face:

A ton tour , Paillasse.

Je possède une beauté Bien digne de plaire;

Elle unit à la bonté La grâce légère.

Si son cœur changeait demain

Loin d'accuser mon destin , A l'amant nouveau , Qui voit tout en beau , Je dirais, Sans regrets, En cédant ma place :

« A ton tour, Paillasse. »

Rien ne saurait m'attrister , Et l'on peut me croire,

Boire, aimer, rire, chanter;

Voilà mon histoire.

Si la mort, un beau matin , Vient m'arrèter en chemin ,

Narguant le chagrin,

Fier de mon refrain , Je rirai, Puis dirai :

'< Tout le inonde y passe...

« A ion tour, Paillasse, •<

DÉ BUAZIEIt.

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