A TON TOUR, PAILLASSE
Air: Quand la mer Rouge apparu!.
Rimer est mon seul défaut,
Tout sujet m'enchante ; A ton tour, Paillasse, il faut
Qu'ici je te chante ; En me lisant, aussitôt, Radet * va dire tout haut :
Ce mot fut mon lot ,
Si tu crois, nigaud , Sans l'esprit , Qui séduit,
Grimper au Parnasse,
A ton tour , Paillasse.
A Paris , des indigents L'aspect importune,
1 Radel a chant* te mol aux Dîners du Yandeiille.
»E BRAZ1KR.
Et pourtant j'y vois des geni»
Doubler leur fortune ; L'un achète des châteaux , Un autre arme des vaisseaux , Et moi, sans écus, J'attends que Plutus, Un beau jour, A son tour, Me répète en face:
A ton tour , Paillasse.
Je possède une beauté Bien digne de plaire;
Elle unit à la bonté La grâce légère.
Si son cœur changeait demain
Loin d'accuser mon destin , A l'amant nouveau , Qui voit tout en beau , Je dirais, Sans regrets, En cédant ma place :
« A ton tour, Paillasse. »
Rien ne saurait m'attrister , Et l'on peut me croire,
Boire, aimer, rire, chanter;
Voilà mon histoire.
Si la mort, un beau matin , Vient m'arrèter en chemin ,
Narguant le chagrin,
Fier de mon refrain , Je rirai, Puis dirai :
'< Tout le inonde y passe...
« A ion tour, Paillasse, •<
DÉ BUAZIEIt.