‹ ChansonsChapitre 89 sur 92 · SUR LA MORT DE MON JARDINIER · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE MON JARDINIER

Aib : Je vous fuis , adieu , bois charmant.

Amis, mon jardinier est mort; Mais, bien qu'il ait payé sa dette, De nous quitter il eut grand tort, Et de bon cœur je le regrette.

Dans ses discours et dans ses vœux , Sa modestie était extrême...

Il naquit pauvre et vertueux; Vous pensez qu'il mourut de même ?

Dès l'aurore dans mon jardin

Je le voyais , avec courage ,

Le dos courbé , la bêche en main ,

Gaîment y faire son ouvrage.

Jamais des éternels décrets

Il ne voulut chercher les causes ;

Et, tout en plantant ses navets,

Le bonhomme cueillait des roses.

Dors en paix, mon pauvre Thomas ; Chacun doit partir à la ronde ; Et, si je te pleure ici-bas, J'irai te voir dans l'autre monde.

Sur mes dangers, sur mes besoins, Je suis loin d'avoir aucun doute; Car je réponds, grâce à tes soins, De trouver des fleurs sur la route.

1>K BRAZIEK.

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