SUR LA MORT DE MON JARDINIER
Aib : Je vous fuis , adieu , bois charmant.
Amis, mon jardinier est mort; Mais, bien qu'il ait payé sa dette, De nous quitter il eut grand tort, Et de bon cœur je le regrette.
Dans ses discours et dans ses vœux , Sa modestie était extrême...
Il naquit pauvre et vertueux; Vous pensez qu'il mourut de même ?
Dès l'aurore dans mon jardin
Je le voyais , avec courage ,
Le dos courbé , la bêche en main ,
Gaîment y faire son ouvrage.
Jamais des éternels décrets
Il ne voulut chercher les causes ;
Et, tout en plantant ses navets,
Le bonhomme cueillait des roses.
Dors en paix, mon pauvre Thomas ; Chacun doit partir à la ronde ; Et, si je te pleure ici-bas, J'irai te voir dans l'autre monde.
Sur mes dangers, sur mes besoins, Je suis loin d'avoir aucun doute; Car je réponds, grâce à tes soins, De trouver des fleurs sur la route.
1>K BRAZIEK.