L’AMITIÉ
•Ain: . Y*
Doucf. et consolante amitié, Dont la pure et divine flamme Ouvre les cœurs à la pitié,
Et donne de la force à l’ame !
Hélas ! j’ai de faibles accens Pour peindre tes vertus sublimes :
Fais-moi chanter comme je sens Les feux dont toujours tu m’animes.
L’amitié, dès que l’homme est né, De l’enfance adoucit les larmes ; Dans un âge plus fortuné De l’amour elle accroît les charmes; Elle offre encore des attraits Au vieillard qui chancelle et tombe :
Ses pleurs arrosent les cyprès Dont l’ombre protège la tombe.
Du riche les festins pompeux ,
Dans des lieux où l’orgueil réside , Valent- ils tes repas joyeux Que l’aimable gaîté préside ?
Servi par d’insolens laquais,* Quand à la débauche il se livre; Nous, dans nos modestes banquets, La seule amitié nous enivre.
Au palais des rois l’amitié Bien rarement montre ses charmes ; Mais malheur au trône étayé Par la terreur et par les armes !
Tyran qui n’as pas un ami,
Crains le poignard de tes esclaves ; Ton corps , par le volcan vomi , Roulera brûlé dans les laves.