‹ ChansonsChapitre 14 sur 55 · LE JOUR ET LA NUIT · texte numérisé non relu

LE JOUR ET LA NUIT

Air : Vaudeville d’ Arlequin Mnsard.

ou : Au soin que je prends de ma gloire.

Joyeux disciples d’Épicure ,

Entre la table êt les amours,

Suivant le vœu de la nature , Dépensons nos nuits et nos jours.

Vers l’amitié tendre et fidèle,* Courons sitôt que le jour luit ,

Et, dans les bras de notre belle.

Comptons les heures de la nuit. . ^

Combien un beau jour a de charmes!

Qu’une belle nuit a d’attraits!

Le jour l’Amour est sous les armes, La nuit il obtient des succès.

Tendons nos filets dès l’aurore,

Et péchons dès que le jour fuit :

Le jour on se dit qu’on s’adore; Mais on se le prouve la nuit.

Tirésias en homme , en femme , Employa bien la nuit, le jour:

Il sut comment chacun s’enflamme, Et mieux que nous connut l’amour.

• Or, mes bons amis, voici comme Un tel exemple m’a séduit:

Le jour je voudrais rester homme , Et devenir femme la nuit.

Dans la plus délirante ivresse Quand j’ai fait de la nuit le jour, Chacun m’accuse de paresse.

Et chacun a tort, à son tour.

INe faut ; il pas faire une pause ,

Soit à la table , soit au lit ?

Moi, quand le jour je me repose,

Je me suis fatigué la nuit.

O toi , qui de ma destinée A ton gré diriges le cours,

Qui d’une trame fortunée As tissu mes nuits et mes jours ,

Si tu veux abréger ma vie,

Pour m’épargner quelques ennuis , Prends sur mes jours, je t’en supplie, Mais ne touche pas à mes nuits.

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