‹ ChansonsChapitre 38 sur 55 · CHANSON A BOIRE · texte numérisé non relu

CHANSON A BOIRE

Air : Mes chers amis.

-N" argue de ceux Qu’un Champagne mousseux N’invite pas à la folie !

Le verre en main Buvons jusqu’à demain,

Le vin fait naître la saillie !

Dans le sacré vallon ,

Aux genoux d’Apollon,

Je vois la tourbe subalterne,

Je ris de tous ces beaux esprits; De Bacchus seul je suis épris.

Et devant lui je me prosterne.

S’il peut saisir La coupe du plaisir,

L’amant s’enivre avec délicj.

Dès le matin *

Le jeune sacristain Se grise en vidant un calice;

De l’Hippocrène un coup - Étourdit tout-à-coup,

L’on tombe et Pégase détale,

Mais on me ferait boire en vain ,

Je sais, en nageant dans le vin,

Conserver la soif de Tantale.

Au fond d’un bois,

Ariane aux abois Pleure la perte de Thésée;

Bacchus accourt Avec toute sa cour,

Soudain la belle est apaisée;

Le dieu lui fait d’abord ,

L’offre d’un rouge bord,

A ses instances elle cède ;

Séduite par ce jus divin ,

Bientôt à l’ivresse du vin L’ivresse de l’amour succède.

Que Cupidon,

San® carcyjois ni brandon,

Au milieu des vignes s’élance ;

D’un pampre vert Que son front soit couvert, Qu’un thyrse lui serve de lance ; Qu’assis sous un berceau ,

Son arc fait d*un cerceau ,

Et ses flèches de ceps d’automne,

Il ait pour temple un grand cellier, Pour prêtre un joyeux sommelier, Pour autel une large tonne.

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