CHANSON A BOIRE
Air : Mes chers amis.
-N" argue de ceux Qu’un Champagne mousseux N’invite pas à la folie !
Le verre en main Buvons jusqu’à demain,
Le vin fait naître la saillie !
Dans le sacré vallon ,
Aux genoux d’Apollon,
Je vois la tourbe subalterne,
Je ris de tous ces beaux esprits; De Bacchus seul je suis épris.
Et devant lui je me prosterne.
S’il peut saisir La coupe du plaisir,
L’amant s’enivre avec délicj.
Dès le matin *
Le jeune sacristain Se grise en vidant un calice;
De l’Hippocrène un coup - Étourdit tout-à-coup,
L’on tombe et Pégase détale,
Mais on me ferait boire en vain ,
Je sais, en nageant dans le vin,
Conserver la soif de Tantale.
Au fond d’un bois,
Ariane aux abois Pleure la perte de Thésée;
Bacchus accourt Avec toute sa cour,
Soudain la belle est apaisée;
Le dieu lui fait d’abord ,
L’offre d’un rouge bord,
A ses instances elle cède ;
Séduite par ce jus divin ,
Bientôt à l’ivresse du vin L’ivresse de l’amour succède.
Que Cupidon,
San® carcyjois ni brandon,
Au milieu des vignes s’élance ;
D’un pampre vert Que son front soit couvert, Qu’un thyrse lui serve de lance ; Qu’assis sous un berceau ,
Son arc fait d*un cerceau ,
Et ses flèches de ceps d’automne,
Il ait pour temple un grand cellier, Pour prêtre un joyeux sommelier, Pour autel une large tonne.