LE NEZ
{Mot donné.)
Air : Eh! ma mère, eSt*c’ que j’ sais ca.
Ce matin je me renferme,
Et, pour chanter au Caveau,
' Le vieux tabac de la ferme Vient me monter au cerveau.
Cherchant un mot à ma guise,
Et lisant les mots donnés ,
Voilà qu’en prenant ma prise,
Je suis tombé sur le nez.
Au printemps quand Flore étale Ses trésors dans nos bosquets; Quand un doux parfum s’exhale De nos vins et Je nos mets ; Quand, près d’une femme aimable,
Nos désirs sont couronnés,
Jour et nuit, au lit, à table,
Chacun sent le prix du nez.
Sait-on pourquoi chez les femmes Un long nez séduit toujours ?
Un long n^; , disent les dames ,
Présage de longs amours.
C’est la paix d’un bon ménage,
En serions-nous étonnés? •
Grâce à ce rare avantage ,
On nous mène par le nez.
Jeunesse, amour, beauté, grâces, Esprit,. talents et grand bien,
Succès, gloire, honneurs et places,
On ne doit compter sur rien. *
Ce bonheur même est un rêve ,
Voyez les plus fortunés ,
On naît , on croît , on s’élève ,
Puis, on se casse le nez.
A la Camuse s’il tarde De me donner sur le* nez,
Qu’elle approche , et la moutarde Pourra lui monter au nez ;
Ici bon vin et poularde Lui passeront sous le nez,
Et je verrai ma Camarde,
Fuir avec un pied de nez.