‹ Chansons; morceaux choisis. Préf. de comte Serge FleuryChapitre 44 sur 70 · LE CONVOI DE DAVID · texte numérisé non relu

LE CONVOI DE DAVID

Non, non, vous ne passerez pas, Crie un soldat sur la frontière, A ceux qui de David, hélas !

Rapportaient chez nous la poussière, — Soldat, disent-ils dans leur deuil, Proscrit-on aussi sa mémoire ?

Quoi ! vous repoussez son cercueil.

Et vous héritez de sa gloire !

Fût-il privé de tous less biens.

Eût-il à trembler sous un maître.

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés (dis) qui l'ont vu naître ! {Bis.)

Non, non, vous ne passerez pas.

Dit le soldat avec furie.

— Soldat, ses yeux jusqu'au trépas Se sont tournés vers la patrie.

CHJNSONS CHOISIES

Il en soutenait la splendeur Du fond d'un exil qui l'honore :

C'est par lui que notre grandeur Sur la toile respire encore.

Fût-il privé, etc.

Non, non, vous ne passerez pas, Redit plus bas la sentinelle.

— Le peintre de Léonidas Dans la liberté n'a vu qu'elle.

On lui dut le noble appareil Des jours de joie et d'espérance.

Où les beaux-arts à leur réveil Fêtaient le réveil de la France.

Fût-il privé, etc.

Non, non, vous ne passerez pas.

Dit le soldat ; c'est ma consigne.

— Du plus grand de tous les soldats Il fut le peintre le plus digne.

A l'aspect de l'aigle si fier, Plein d'Homère et l'âme exaltée, David crut peindre Jupiter, Hêlas ! il peignait Prométhée.

Fût-il privé, etc.

Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat devenu triste.

— Le héros, après cent combats, Succombe, et l'on proscrit l'artiste.

DE BERJNGER

Chez l'étranger la mort l'atteint :

Qu'il dut trouver sa coupe amère !

Aux cendres d'un génie éteint, France, tends les bras d'une mère.

Fût-il privé, etc.

Non, non, vous ne passerez pas,

Dit la sentinelle attendrie.

— Et bien, retournons sur nos pas.

u a cnerie

Adieu, terre qu'il a chi Les arts ont perdu le flambeau Qui fit pâlir l'éclat de Rome.

Allons mendier un tombeau Pour les restes de ce grand homme.

Fût-il privé, etc.

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