‹ Chansons nouvellesChapitre 54 sur 58 · LA COMPAGNE · texte numérisé non relu

LA COMPAGNE

Voyageuse éternelle , Qui partout suis mes pas, Mais que je ne vois pas, Est-tu belle?

— Je suis belle.

— Tu viens toutes les nuits, Obscure comme un rêve; Mais quand le jour se lève,

Tu t'enfuis.

— Je m'enfuis.

— Toujours ce voile sombre Sur tes yeux attristés, Toujours à mes côtés

Comme une ombre.

— Comme une ombre.

— Tu fuis comme lespoir.

Tu viens comme l'envie.

Passerai-je ma vie

Sans te voir?

— Sans me voir.

— Ta parole me touche ; Mais toujours tu redis Les derniers mots sortis

De ma bouche.

— De ta bouche.

— Si tu veux mon amour, Encore, encore une heure!

Auprès de moi demeure

Jusqu'au jour!

— Jusqu'au jour.

— Bientôt viendra l'aurore.

Pour une seule fois ,

Sois sensible à la voix Qui t'implore.

— Qui m'implore.

— Enfin je touche au port; La nuit longue s'achève; Ton voile se soulève...

Ciel! la mort!

— Oui , la mort.

iy4 GUSTAVE i\ADALID.

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