‹ Chansons nouvellesChapitre 12 sur 80 · UN VIEUX LABOUREUR · texte numérisé non relu

UN VIEUX LABOUREUR

it L'astre des saisous A regret fuit de nos campagnes:

Ses derniers rayons Vont mourir au front des montagnes.

Joyeux moissonneur, Suspends ton labeur, Et vous, moissonneuses gentilles.

Accourez, posez vos faucilles; Sous ces ormeaux, au son du hautbois.

Chantez, dansez, heureux villageois!

î) Par mille chansons Célébrez l'heureuse abondance;

Mais à vos moissons Invitez aussi l'indigence :

Laissez à l'envi Tomber maint e'pi, Pour que la timide glaneuse Au hameau retourne joyeuse.

Sous ces ormeaux, au son du hautbois.

Chantez, dansez, heureux villageois!

i> Quand sous U'au(res cieux Des combats la trompette sonne;

Dans ces tristes lieux La mort seule à son gré moissonne.

Le vieux laboureur Fuit glacé d'horreur.

Pour vous, dans vos humbles chaumiàcs, \ ous trouvez vos fils et vos mères.

Sous ces ormeaux, au sou du hautbois, Chantez, dansez, heureux villageois!

11 Mais lin vovageur Du hameau descend la colline.

Et, le front rêveur.

Lentement vers nous s'acheminr-.

Le fardeau des ans

Rend ses pas pesans.

La vertu dans .ses traits respire.

Écoutons ce qu'il va nous dire : Sous ces ormeaux, au son du hautbois.

Ne dansez plus, heureux villageois ! i>

u Mortels fortunés , Au déclin d'un jour sans orage.

D'épis couronnés , Vous dansez sous l'épais feuillage.

Quand tout vous sourit,

Mali.eureux proscrit.

( 3<. ) Je foule une terre étrangère; Mais, pour adoucir ma misère, Sous ces ormeaux, au son du hautbois Chantez, dansez, heureux villageois!

■» Regrets superflus!

Tous les ans chante la cigale;

Mais je ne vois plus Moissonner la terre natale !

Loin de mon berceau Sera mon tombeau; Mais pourquoi de votre allégresse Attrister l'innocente ivresse?

Sous ces ormeaux, au son du hautbois Chantez, dansez, heureux villageois.

5) Pour vous, bon vieillard.

Que ce jour soit un jour de fête!

Venez prendre part An festin que la joie apprête.

Sous un pauvre abri Vous serez chéri.

Demain nous reviendrons encore Répéter à l'ccho sonore :

Sous ces ormeaux, au son du hautbois Chantez, dansez, heureux villageois! •

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LE €OUCOU.

Air : Depuis long-leinps gciiLille Aiincllc

(du Petit Chaperon. }

DÉJÀ fleurit la violette,

Déjà la jeune bacbelette

Au bois s'en va batifolant,

Portant corset à jupon blanc.

Aux champs tandis que tout folâtre .

Voici ce que disait un pâtre

A tout venant ,

Noble ou manant :

Lorsque j'entends sous le feuillage L'oiseau chanter dans son ramage.

Coucou , coucou , Moi, je ris beaucoup.

Le vieil ëpoux de Mathurine Que le démon jaloux chagrine.

Pour surveiller sa femme au four , Quitte la couche avant le jour, r.her Mathurin, sois philosophe.

.'^i pour un autre le four chauffe.

Amis crois moi , Passe et tais toi.

Lorsque j'entends sous le feuillage L'oiseau chanter dans son ramage.

Coucou, coucou, Moi, je ris beaucoup.

Beau chevalier, sur ta monture Vas-tu quérir noble aventure?

Non, si j'en crois ton ecuyer, Au loin tu vas te marier :

La rose sur tes armes brille ; Mais crains d'orner d'une jonquille

Ton bouclier,

Beau chevalier.

Lorsque j'entends sous le feuillage L'oiseau chanter dans son ramage, Coucou, coucou, Moi , je ris beaucoup.

Bon pèlerin , charge d'e'cailles ,

Tu cours nu -pieds sur les broussailles

Pour que le ciel de ta maison

Daigne éterniser le blason :

Ne va pas jusqu'à Compostelle,

Un moine est auprès de la belle .

Je te réponds

D'un gros poupon.

Lorsque j'entends sous le feuillagc L'oiseau chanter dans son ramage, Coucou, coucou, Moi, je ris beaucoup.

Qui vient suivi d'un train de prince ? Le gouverneur de la province.

Chevaux et piqueurs et laquais Portent l'effroi dans nos bosquets.

Mais de l'oiseau que rien ne trouble.

On dirait que le chant redouble :

Dans ce fracas Je dis plus bas :

Lorsque j'entends sous le feuillage L'oiseau chanter dans son ramage.

Coucou , coucou.

Moi, je ris beaucoup.

Maudit oiseau, ton chant sinistre N'épargne ni duc ni ministre; Même on l'a vu plus d'une fois Nicher dans le palais des rois Pour moi, de peur de la visite.

J'ai vécu seul comme un ermite;

Aussi, morgue,

Toujours fort gai , Lorsque j'entends sous le feuillage L'oiseau chanter dans son ram;ige.

Coucou , coucou , 'Moi, je ris beaiiroup.

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