LA FIN DU MONDE
Air : Salut à ma patrie.
Les saints oracles s'accomplissent, Au milieu du ciel enflamme, Déjà les étoiles pâlissent Et le tonnerre est enrhume.
Sur son pivot , notre planète Tout de travers
Conduit cet univers.
Soudain, sonnant la trompette.
Un Séraphin
Proclame au nom divin ; Il Enfans de la machine ronde i> Désormais c'en est fait de vous ; 5) Allons, mécréans, à genoux,
3) Voici la fin du monde ! i> (1er)
Ainsi qu'une fuse'e e'teinte Le soleil s'est évanoui ; Et la mer forçant son enceinte Fait un tintamarre inouï.
Hélas ! bon Dieu ! quelle débâcle !
Le vieux chaos Reparaît sur les eaux :
Tous les mortels, à ce spectacle,
En larmoyant,
Partout vont s'c'criant :
<t Dans cette ol)scurite' profonilc iy Dieux! quel sera notre avenir!
3f Mortels, qu'allonsnous devenir.'
3) Voici la fin du monde, i» (1er.)
A ses dieux l'Indien fidelle Invoque Shiven et Brama, Tandis que le Tartare appelle A son aide le grand Lama.
Le Sarrasin , le catholique Chantent allah !
Ou bien alléluia!
Oncque on n'ouit telle musique, C'est un concert Digne de Lucifer :
Mais l'Archange, qui fait sa ronde, Impose silence aux bavards, En répétant de toutes parts :
Voici la fin du monde. (ter.)
<c Quittez vos riches patrimoines, ■» Ajoute l'ange courroucé, 31 Derviches, tatapoins et moines, 3» Fourbes votre règne est passé.
31 Dans tous les cœurs semant la guerre , 11 Vous n'écoutiez 31 Que vos inimitiés.
31 Au nom du ciel, sur celle terre,
it Vos coffre- forts
■n Regorgeaient de trésors. .
«Tartufes, ^ont le globe abonde, îi Dieu connaît vos dehors menteurs.
i> Demasijuezvous, vils imposteurs!
3> Voici la fin du monde. {ici:).
5) Et vous qui, dans le rang suprême,
)) Des lois avez brisé le frein,
51 Monarques, dont le diadème
31 Du sang des peuples est empreint !
V De vos grandeurs il faut descendre,
11 Et sans délai 51 Sortir de vos palais.
V A votre tour venez entendre
)i De l'Éternel
31 Le décret solennel :
)i A vos désirs lâchant la bonde, «Vous fûtes cruels, dissolus, 31 Tyrans, ^ous n'opprimerez plus!
31 Voici la fin du monde. 31 ('t'" )
Chaque mort plus ou moins ingambe Soudain s'échappant du cercueil, Demande son bras ou sa jambe, L'autre son nez, l'autre son œil, De Josaphat la plaine immense Dans ses sillons Reçoit leurs bataillons.
La procC'dure alors coiiimeuce .
Boucs et moutons
Sont mis par pelotons.
Bien que l'intolérance en gronde, L'homme juste et bon est sauvé, Et le méchant seul réprouvé
Maudit la fin du monde. {ter.)
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