‹ Chansons nouvellesChapitre 12 sur 53 · LA SYLPHIDE · texte numérisé non relu

LA SYLPHIDE

Air : Je ne sais plus ce que je veux.

LiA raison a son ignorance; Son flambeau n'est pas toujours clair, Elle niait votre existence , Sylphes cliarmans, peuple de l'air.

Mais , écartant sa lourde égide , Qui gênait mon œil curieux , J'ai vu naguère une Sylphide.

Sylphes légeis , soyez mes Dieux.

Oui, vous naissez au sein des roses, Fils de l'Aurore et des Zéphirs ; Vos brillantes métamorphoses Sont le secret de nos plaisirs.

D un souffle vous séchez nos larmes, Vous épurez l'azur des cieux.

J'en crois ma Sylphide et ses charmes.

Sylphes légers, soyez mes Dieux.

J'ai deviné son origine , Lorsqu'au hal ou dans un banquet, J ai vu sa parure enfantine Plaire par ce qui lui manquait.

Ruban perdu, boucle défaite; Elle était bien , la voilà mieux.

C est de vos sœurs la plus parfaite. Sylphes légers, soyez mes Dieux.

Que de grâce en elle font naître ^ os caprices toujours si doux !

C est un enfant gâté , peut-être , Mais un enfant gâté par vous.

J ai vu, sous un air de paresse.

L'amour rêveur peint dans ses yeux.

Vous qui protégez la tendresse , Sylphes légers , soyez mes Dieux .

Mais son aimable enfantillage Cache un esprit aussi brillant , Que tous les songes qu'ati bel âge Vous nous apportez en riant.

Du sein de vives étincelles , Son vol m'élevait jusqu'aux cieux ; Vous , dont elle empruntait les ailes , Sylphes légers , soyez mes Dieux .

Hélas ! rapide météore , Trop vite elle a fui loin de nous.

Doit-elle m'apparaître encore?

Quelque Sylphe est-il son époux ?

Non, comme l'abeille, elle est reine D'un empire mystérieux ; Vers son trône un de vous m'entraîne.

Sylphes légers, soyez mes Dieux.

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