LE MALADE
(Avril 1825.)
Air : ?>îuse «les Luis, etr.
U N mal cuisant déchire ma poiti'ine ,
Ma faible voix s'éteiat dans les douleurs ;
Et tout renaît, et dc\jà l'aube-épine
A vu l'abeille accourir à ses (leurs.
Dieu d'un sourire a béni la natui^e ,
Dans leur splendeur les cieux vont éclater.
Reviens ma voix , faible , mais douce et pure ,
Il est encor de beaux jours à chanter.
Mon Esculape * a renversé mon verre , Plus de gaîté ! mon front se rembrunit.
* Le célèbre docteur Dubois, à tjui l'auteur de ces chansons ue peut le'moigner trop de reconnaissance, et en qui lesqualite's du cœur e'galent la science et IVlonnante habileté'.
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Mais vient l'amour et le mois qu'il préfère ;
Déjà l'oiseau Lutine pour son nid.
Des voluptés le torrent va s'épandre
Sur l'univers qui semblait végéter
Reviens ma voix , faible , mais toujours tendre ,
Il est cncor des plaisirs à chanter.
Pour mon pays que de chansons encore ! D'un lâche oubli vengeons les trois couleurs*. De nouveaux noms la France se décore ; A 1 aigle éteint nous i-edevons des pleurs. Que de périls la tribune orageuse Offre aux vertus qui l'osent affronter ! Reviens ma voix , faible , mais courageuse , Il est encor des cloires à chanter.
Puis , j'entrevois la liberté bannie; Elle revient : despotes , à genoux !
* A lepoque où relte cliansoii fut faite, on avait Laniii du salon de peinture les talileaux où M. Horace Veniet a si bien i-epre'spntc' les heaux faits d'armes de la re'volulion. On a senti cflie année le ridicule d'une pareille mesure.
Pour 1 étouffer , en vain la tyrannie
Fait signe au Nord de déborder sur nous.
L'ours effrayé regagne sa tanière ,
Loin du soleil qu'il voulait disputer.
Reviens ma voix , faible , mais libre et fière ,
tl est encore un triomphe à chanter.
Que dis-je , hélas ! oui la Icrre s'éveille , Belle et pai-ée , au souffle du printemps , Mais dans nos creui's le courage sommeille ; Chargé de fers , chacun se dit : J'attends ! La Grèce expire , et l'Europe est tremblante ; Seuls , nos pleurs seuls osent se révolter. Reviens ma voix , faible , mais consolante , Tl est encor des martyrs à chanter.
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