‹ Chansons nouvellesChapitre 23 sur 53 · LE MALADE · texte numérisé non relu

LE MALADE

(Avril 1825.)

Air : ?>îuse «les Luis, etr.

U N mal cuisant déchire ma poiti'ine ,

Ma faible voix s'éteiat dans les douleurs ;

Et tout renaît, et dc\jà l'aube-épine

A vu l'abeille accourir à ses (leurs.

Dieu d'un sourire a béni la natui^e ,

Dans leur splendeur les cieux vont éclater.

Reviens ma voix , faible , mais douce et pure ,

Il est encor de beaux jours à chanter.

Mon Esculape * a renversé mon verre , Plus de gaîté ! mon front se rembrunit.

* Le célèbre docteur Dubois, à tjui l'auteur de ces chansons ue peut le'moigner trop de reconnaissance, et en qui lesqualite's du cœur e'galent la science et IVlonnante habileté'.

( lOO )

Mais vient l'amour et le mois qu'il préfère ;

Déjà l'oiseau Lutine pour son nid.

Des voluptés le torrent va s'épandre

Sur l'univers qui semblait végéter

Reviens ma voix , faible , mais toujours tendre ,

Il est cncor des plaisirs à chanter.

Pour mon pays que de chansons encore ! D'un lâche oubli vengeons les trois couleurs*. De nouveaux noms la France se décore ; A 1 aigle éteint nous i-edevons des pleurs. Que de périls la tribune orageuse Offre aux vertus qui l'osent affronter ! Reviens ma voix , faible , mais courageuse , Il est encor des cloires à chanter.

Puis , j'entrevois la liberté bannie; Elle revient : despotes , à genoux !

* A lepoque où relte cliansoii fut faite, on avait Laniii du salon de peinture les talileaux où M. Horace Veniet a si bien i-epre'spntc' les heaux faits d'armes de la re'volulion. On a senti cflie année le ridicule d'une pareille mesure.

Pour 1 étouffer , en vain la tyrannie

Fait signe au Nord de déborder sur nous.

L'ours effrayé regagne sa tanière ,

Loin du soleil qu'il voulait disputer.

Reviens ma voix , faible , mais libre et fière ,

tl est encore un triomphe à chanter.

Que dis-je , hélas ! oui la Icrre s'éveille , Belle et pai-ée , au souffle du printemps , Mais dans nos creui's le courage sommeille ; Chargé de fers , chacun se dit : J'attends ! La Grèce expire , et l'Europe est tremblante ; Seuls , nos pleurs seuls osent se révolter. Reviens ma voix , faible , mais consolante , Tl est encor des martyrs à chanter.

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