‹ Chansons nouvellesChapitre 30 sur 53 · LE CHANT DU COSAQUE · texte numérisé non relu

LE CHANT DU COSAQUE

Air : Dis-moi, soldat; dis-moi, t'en souviens-tu?

Viens, mon coursier, noble ami du cosaque , Vole au signal des trompettes du Nord.

Prompt au pillage , intrépide à l'attaque , Prête , sous moi , des ailes à la mort. L'or n'enrichit ni ton frein , ni ta selle ; Mais attends tout du prix de mes exploits. Hennis d'orgueil, ô mon coursier fidèle, Et foule aux pieds les peuples et les rois.

La paix, qui fuit, m'abandonne tes guides , * La vieille Europe a perdu ses remparts. Viens de trésors combler mes mains avides ; Viens reposer dans l'asile des arts.

Retourne boire à la Seine rebelle , Où, tout sanglant , tu t'es lavé dcin fdis.

Hennis d'oi'.';upil , ô mon coi'.rsier fidèle , Et foule aux pieds les peuples et les rois.

Comme eu un foi l , princes , nobles et prêtres*, Tous assiégés par des sujets soufTrans , Nous ont crié : Venez ! soyez nos maîtres. Nous serons serfs pour demeui'cr tyrans. J'ai pris ma lance , et tous vont devant elle Humilier et le sce})lre et la croix.

Hennis d'orgueil, o mon coursier fidèle , El foule aux pieds les peuples et les rois.

J'ai d'un géani vu le fantôme immense,

Sur nos bivouacs fixer un œil ardent.

Il s'écriait : Mou règne recommence !

Et de sa hacbe il montrait l'Occident.

Du roi des Huns c'était 1 ombre immortelle ;

Fils d' Attila, j'obéis à sa voix.

Hennis d orgueil, o mon coursier fidèle.

Et foule aux pieds les peuples et les rois.

* Ou doit se l'iipjicloi' les noies seerilcs.

Tout cet éclat dont l'Europe est si ficre , Tout ce savoir qui ne la défend pas , S'engloutira dans les flots de poussière Qu'autour de moi vont soulever tes pas. Efface , efface , en ta course nouvelle , Temples, palais , mœurs, souvenirs et lois. Hennis d'orgueil, o mon coursier fidèle, Et foule aux pieds les peuples et les rois.

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