‹ Chansons nouvellesChapitre 35 sur 53 · LA FUITE DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

LA FUITE DE L'AMOUR

AiR :

J E vois déjà se déployer tes ailes , Amour; adieu! mon bel âge est passé.

D'un air moqueur les Gfâces infidèles Montrent du doigt mon l'éduit délaissé.

<«^'il fut des jours où j'ai maudit tes armes , Savais-je, hélas ! ^ue tu m'en punirais ! Ah ! plus, Amour, tu nous causes de lamnes , Plus, quand tu fuis, tu laisses de regrets.

Je reposais du sommeil de l'enfance , Lorsqu'à ta voix mes yeux se sont ouverts. Dans la beauté j'adorai ta puissance Et vins ni'offrir de moi-même à tes fers. Si jeune encor j'ignorais tes alarmes , Tes sombres feux , le poison de tes traits. Ah ! plus, Amour, tu nous causes de larmes, Plus, quand tu fuis, tu laisses de regrets.

Glacé par l'âge , il se peut que j'oublie Tous les baisers que Rose me donna , Mais non les pleurs versés pour Eulalie , ]Xon les soupirs perdus près de Nina.

Pour bien aimer l'une avait trop de charmes; Mes vœux pour l'autre ont dû rester secrets. Ah ! plus, Amour, tu nous causes de larmes, Plus, quand tu fuis, tu laisses de regrets.

Fuis donc , Amour, ma couche solitaire , Fuis ! car déjà tu souris de pitié.

De mes ennuis pénétrant le mystère , Les bras tendus , vers moi vient l'Amitié. Pour 1 éloigner fais luire encor tes armes : Ses soins sont doux, mais j'en abuserais ; Car plus , Amour, tu nous causes de larmes. Plus, quand tu fuis, tu laisses de regrets.

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