‹ Chansons nouvellesChapitre 45 sur 53 · DITHYRAMBE · texte numérisé non relu

DITHYRAMBE

Air : Je commence à m'apercevoir, elc.

J'entonne sur les ti'oubadours Un chant dithyrambique.

Malgré goût et logique , Coulez vers longs, moyens et courts.

Monius sommeille :

Qu'on le réveille ; Gai farfadet, qu'il rie à notre oreiUe.

Laissons , malgré maux et douleurs , L'espérance essuyer nos pleurs.

Lisette , apporte et du vin et des fleurs . Narguant des lois sévères , Troubadours et trouvères, ^u nez des rois , vidaient gaîment leurs verres

Toi , doux rimeur, que la beauté Mène par la lisière , Unis parfois le lierre Aux roses de la volupté.

Coupe remplie Par la folie Met en gaîté femme tendre et jolie.

La colombe d'Anacréon, Dans la coupe de ce barbon , .

Buvait d'un vin père de la chanson.

Narguant des lois sévères , Troubadours et trouvères, Au nez des rois , vidaient gaîment leurs verres.

Toi qui fais de religion

Parade à chaque rime ; Qui sur la double cime Fais grimper la procession , Ta muse en niasqn»' Est lourde et flascpK^

Mais qu'un tendron te tire par la basque : Tu lui souris ; et le bon vin , Pour toi , ne vieillit pas en vain , Beau joueur d'orgue au service divin.

Narguant des lois sévères , Troubadours et trouvères, Au nez des rois , vidaient gaîment leurs verres.

Toi qui prends Boileau pour Psautier, Du joug je te délie :

Veux-tu , près de Thalie , De Regnard être l'béi-itier ?

De cette muse Parfois abuse ; Euivre-la; Molière est ton excuse.

Elle naquit sur un tonneau ; Pour lui rendre un éclat nouveau , Puise la joie au fond de son berceau.

Narguant des lois sévères , Troubadours et trouvères, Au nez dc^! rois , vidaient gaîment leurs verres.

Du romantisme jeune appui , Descends de tes nuages ; Tes torrens, tes orages Ceignent ton front d'un pale ennui.

Mon camarade , Tiens , bois rasade ; C est un julep pour ton cerveau malade. Entre naître et mourir , liélas !

Puisqu'on ne fait que quelques pas, On peut aller de travers ici-bas.

ÎVarguant des lois sévères ,

Troubadours et trouvères ,

Au nez des rois, vidaient gaîment leurs verres.

Oui , trouvères et troubadours Sablaient force Champagne.

Mais je bats la campagne ; L'ode et le vin font de ces tours.

Le ciel nous dole D'une marotte Tour à tour grave , et quintense et falotte. Le soleil s'est levé joyeux ,

Le front barbouillé de vin vieux.

Ah ! tout jjoëte est le jouet des dieux.

Nars>uant des lois sévères ,

Troubadoui's et trouvères , Au nez des rois, vidaient gaîment leurs verres.

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