‹ Chansons parisiennesChapitre 8 sur 16 · EFFETS DE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

EFFETS DE PRINTEMPS

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Ia; iirjiitriii[)s recoiiimeiicr Dans les champs, dans les cœur Kternelle semence Des amours et des Heurs.

Quand ou voit la nature Au grand soleil germer :

(x)uand on sent l;i verdure.

On a besoin d'aimer.

Da n s la forêt t va n( [U i 1 1« • .

Les rayons printaniers Tachètent d'or mobile La mousse des sentiers.

Les oiseaux et les mouches.

Les feuillages, les sons.

Les baisers sur ]«'s bouches Kclosent en chansons !

Tout, pour aimer encore.

Renait jusqu'aux méchants.

On sent son cœur éclore Comme une fleur des champ?

Bleuets et pâquerettes Sont les amours des prés.

Damours et d'amourettes Les cœurs sont diaprés.

Le liias, 1" aubépine.

Exhalés dans le vent, Emplissent ma poitrine D'un arôme mouvant Cette brise est Ihaleine, L'haleine dupasse.

Une senteur ramènr Le bonheur effacé.

La joie et la tristesse.

De même qu'une fleur, Ont leur parfum qui laisse Un souvenir au cœur.

Toujours quelque musique, Quelque parfum toujours , Fluide sympathique.

Se mêle à nos amours.

Daus le parfam quVpanche Le syringa, je vois Mimi, vision blanche, Revenir d'autrefois :

Dans l'allée embaumée Par les syringas blancs Où je l'ai tant aimée, Nous marchons à pas lents, .

La voix toujours lointaine Du coucou dans les bois Me fascine et m'entraîne Au bonheur d'autrefois.

Ma belle berrichonne Qu'ombragent les bouleaux .

A l'amour s'abandonne Comme une l)arqnp aux fiot^

Les wagons, dans l'espace, S'élancent emportant Paris -aimant qui passe Comme un trait, enchantant.

Au bord de l'eau se mire L'n joyeux cabaret Que le beau temps fait viw Avec du vin clairet.

Sui- la Seine qu'il dore, Dans les bois, dans les ]irt Le soleil fait éclore Des amoureux parés.

>ur l'eau les hirondelk-s Effleurent les bateaux Kt les vertes ombrelles Et les roses chapeaux.

Quand j"ouvre ma l<-nt''tie.

Vn bon air, le matin, Me remplit de bien-être En meffleurant le teint.

Le beau temps recommeiu-e Mais non pas les Ijeaux jour:

N'oici les fleurs, Hermem-o.

Mais où sont nos amours ?

Mai ISS^.

MIffll DANS LE PARC DE VERSAILLES

Mii.slqne de M. 0. Wtra.

I)e lueurs d'or euvironuée,

Un jour, dans Téclat du beau temps,

Mimi, joyeuse, illuminée.

Robe blanche aux rubans tiottant- ,

Allait, penchant sa tète blondf Sur mon épaule ; elle semblait Suivre son cours ainsi que Tonde, Et comme ehe aussi babillait.

Oh! nous étions heureux de vivre Et d'aller, tous deux, frétillant Dans l'incandescence de cuivre De l'air électrique et bouillant.

C'était à Versailles ! — Les marbres Nous voyant passer radieux.

Eux qui restent entre les arbres, Nous suivaient longuement des yeux.

Les marronniers couchaient leur duibrf Tranquillement sur le gazon ; Il taisait si frais et si sombre Sous leur feuillage en floraison,

Qu'il nous semblait, divin raj'stère Dont s'enveloppait notre amour, Que nous marchions, loin de la terre.

Dans la nuit, à côté du jour.

Près des roches où les naïades S'empressent autour d'Apollon.

Parmi des parfums doux et fades Que faisait vibrer le frelon.

Nous nous sommes assis sur l'herbe.

Au pied des syringas fleuris ; Au loin, l'eau retombait en gerbe. . .

Et nous écoutions, attendris,

La musique de la nature, Les oiseaux ivres de beau temps, L'air circulant dans la verdure, Les bois et les lointains chantants.

Une fauvette harmonieuse Semblait nous peindre dans ses chants La saison blonde et radieuse Qui mettait en fête les champs.

Un jour d'amour, la moindre cliojif Se grave dans le souvenir ; Un souffle, une baleine de rose Peut embaumer notre avenir.

Dans des flots blancs de mousseline.

Sur le gazon tacheté d'or, Parmi des senteurs d'aubépine.

A la fois Mimi veille et dort

Sur l'herbe étendue, et bercée Aux doux bourdonnements du joiu".

Calme, elle écoute sa pensée Qui lui parle tout bas d'amour.

Assis près d'elle, je la presse Doucement sur moi: dans mes yeux Elle contemple ma tendresse, Comme dans l'onde on voit les cieux.

Oh ! Mimi ! Mimi 1 que je t'aime !

Que nepuis-je arrêter le temps?

Mais du moins j'emporte en moi-même L'éternité de ces instants.

Oh! l'humidité de ta bouche!

Oh ! le sourire de tes yeux l Oh ! tes frais cheveux que je touche A travers le temps déjà vieux :

Transfigurés daus leur délire, .Les amoureux comme les morts Ont un ineffable sourire. . .

Nos âmes fondaient dans nos corp> .

Hélas! en vain je me cramponne A c€s rêves qui ne sont plus.

Dans mon cœur nliabite personne.

Ce sont des contes que j'ai lus.

Pourtant, ù Mimi, quand je passe, Seul, au mois de mai, dans les boi; Les feuilles causent à voix basse...

Dans les verdures je te vois...

Juin iSoo.

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