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Pour finir.
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plus.
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HOIIIUKKINE.
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Si certaines chansons de la Bresse sont poétiques, je n'en pourrais dire autant des Xoèls; rarement j'ai vu un pareil étalage de victuailles. Ce sont des chansons pieuses faites exprès pour Sancho; il sort de chaque vers un parfum de carhonnade comme des soupiraux des cuisines. Il est vrai que par là, le pays est bien fourni : Bourg nourrit de belles poulardes, Belley fabrique des saucissons aussi bons que ceux de Lyon , \antua ne se contente pas de ses écrevisses et de ses truites. Qui ne connaît pas les rissoles de Xantua ne saurait parler des rissoles; et pour dessert, Gex fournit un fromage fort renommé. L'Enfant Jésus, en passant par la Bresse, devait goûter à toutes ces bonnes choses. En effet, tous les bourgeois de Bourg s'empressent à l'envi de lui porter à manger, à boire; les aubergistes y courent, les paysans arrivent avec leur lait. Il y a de quoi donner une forte indigestion à toute la sainte Famille.
Jadis , les habitants de chaque ville avaient un surnom caractéristique , qui se piquait de rendre l'esprit général du pays. Je crois bien que c'étaient les gens de Laon qu'on appelait les glorieux de Laon, sans doute à cause de l'importance qu'ils cherchaient à se donner; mais c'est aux Bressans qu'il faudrait appliquer ce vieux mot de glorieux, aujourd'hui détourné de son sens. Ils apportent d'immenses provisions à l'Enfant Jésus, mais ils veulent qu'on le sache : leur nom doit rester. Combien ont-ils dû tracasser l'auteur des Xoëls bressans pour obtenir une mention dans ses couplets! Quoique le X'oël suivant soit un peu long, à titre d'échantillon de poésie religioso-culinaire , j'ai cru qu'il fallait le citer presque en son entier.
Xoé'l étant arrivé assez pauvre, s'en va commander un balandran , qui n'est autre qu'une sorte de manteau, chez Lataille, le fameux tailleur d'alors, pour aller offrir à l'Enfant Jésus du petit vin ou guinguet, des rissoles et du pain blanc, et il arrive à la crèche en même temps que quatre bergers et quatre jolies bergères, qui apportent des paniers pleins de fruits. De leur côté , les Maçonnais se présentent avec une vingtaine de bouteilles de vin blanc, et trois gros marchands de Lyon entrent avec des étoffes et des rubans pour orner l'Enfant. Tel est en abrégé le début du Noël; le reste ne peut qu'être cité littéralement :
Dès que la ville de Bourg — en apprit la nouvelle, — on fit battre le tambour — pour inellre tout par écuellcs. — Les bécasses, les levrauts, — les cailles, les chapons gras — furent pris chez Gurnillon — pour faire la bourdilàillc, — furent pris chez. Cumillon — pour faire le réveillon.
Gog porta trois dindonneaux, — et farcit une belle oie, — et d'une longe de veau — il fit un bnn ragoût. — Sa femme fit du boudin, — et prit chez monsieur de Choin — une grande bassine d'argent, — pour y, pour y, pour y mettre, — une grande bassine d'argent — pour y metlre sen présent.
On alla v ite appeler — l'hôte de la Bonne-Ecole — qui porla des godiveaux — et prit une belle andouille. — Il mêla des fricandeaux — avec des oreilles de veau, — et porta Irois barillets — de mou, de mou, de moutarde, — et porla trois barillets, — de moutarde de Dijon.
Quand l'hôte de Saint- François — entendit qu'on faisait bruire — les poêles et les lèchefrites,
— dans le quartier de Tesnière, — il fil faire à son valet, une potringue de poulet — (si bonne) qu'on s'en léchait tout droit, — les ba, les ba , les babines, — qu'on s'en léchait tout droit , — les babines et les cinq doigts.
Dès que l'hôte de YEctt — vil qu'on parlait au clair de lune, — il mil pour quatre écus — de sucre dans de la farine — pour lui faire des gâteaux (à l'Enfant) — qui semblèrent des châteaux ;
— ils sont meilleurs (pie le pain — pour les, pour les, pour les dames, — ils sont meilleurs que le pain — pour les dames et les enfants.
Ce n'était pas quasi jour — qu'on vil l'hôte de la l'omme — qui niellait dans son four — deux tartes à la grandi; forme. — Il mit tant de cumar — qui se trouva bien si clair — que les valets en chemin — le li, le li, le fichèrent, — fichèrent tant par chemin — que de laites il n'y en eut point.
i\eieu mit dessus une planche — du boudin blanc comme neige, — cl douze langues de bœuf
— qui étaient noires comme poix; — et puis de son bon vin vieux — (pie j'ai souvent bu, — et boirai, s'il plaît a Dieu, — jusqu'à, jusqu'à, jusqu'à Pâques, — et boirai, s'il plail à Dieu, — plus qu'il ne veut m'en donner.
On dit que niaîlrc Vavri — avait mis sous la crèche — une chaudronnée de riz — ■ qu'on dressait
avec une poche; — il n'était pas refroidi — que quatre ou cinq dégourdis — se donnèrent par le muscuu — de la, de la, de la poclie, — se donnèrent par le museau — de la poche et du chaudron.
L'hôtesse de Y Olivier, — quand elle fait des bugnetles (pâte frite), on peut dire sans faillir — qu'elles sont des bouillies (c'est-à-dire que la pâte en est délicate); — quand elle a suffisamment mêlé — de farine tamisée, — elle en met dans un embouchoir (espèce d'entonnoir), — et puis tourne, tourn.', tourne, — tourne dans le poêlon, — des bugnettes à l'embouchoir.
Maître André, pour le premier — des bouchers qui fait la fêle, — se leva près de midi — pour chercher une jeune vache, — pour en avoir la tétine — qu'il donnait tout de bon; — mais le chien de maître Anis — la grip, la grip, la grippa, — mais le chien de maître Anis — la grippa et la mangea.
C'est l'hôtesse du Char — (on dit que ce n'est pas de la plaisanterie), — elle a une pièce de lard, — encore du moins sade (agréable); — elle en a fait une omelette — qui sentait le brûlé,
— et cinq ou six mate-faim (crêpes, pâte frite), — farcis, farcis de fromage, — et cinq ou six mate-faim — farcis de fromage blanc.
Il y a un nommé Gagnon, — qui a Saint-Claude pour enseigne, — qui, quand il fait des pogn'ins (gâteaux frits d'une poignée de pâte), — autour de son four trépigne. — Il fait des cassemuseaux (pâtisserie très-délicate), — des pâtés qui sont si beaux — qu'on s'en bourre l'estomac
— tous, tous les dimanches, — qu'on s'en bourre l'estomac, — les dimanches, de pâté.
Celui qu'il ne faut pas oublier. — c'est l'hôte de la Xaretle — qui a porté son grand chapeau,
— voulant être de la fêle. — 11 a bien voulu fournir — du irai fromage pourri, — qui était si bon que les chiens — le sui , le sui , le suivirent, — qui était si bon que les chiens — le suivirent par chemin.
Je passe deux couplets sans importance que M. Philibert-le-Duc a donnes dans ses curieux
Xoéls bressans.
A nous deux, père Alexis, — il nous faut faire une offrande — et nous joindre cinq ou six — pour toucher une sarabande ; — avec notre gros bourdon , — nous chanterons tout de bon : — Noël, Xoël est venu, — nous ferons la bourdi/aille ; — Xoël, Yoël est venu, — nous ferons du brou et moulu (bouillon d'œufs, de lait et de sucre battus ensemble).
Le père Bistat sait bien — aussi jouer de la flûte ; — Merle fredonnera bien ; — Serrot conduira la fête ; — je porterai le Roi-boit - — pour donner à chacun son droit ; — nous chanterons joliment : — Le Roi lelte, le Roi telle ; — nous chanterons joliment : — Le Roi telle sur le foin.
Dans un autre Noël, le comte de Montbel d'Aufremont, lieulenanl de roi, de Bourg, va offrir sa croix à l'Enfant Jésus. Son secrétaire, monseigneur Barbotte, fait apprêter de la venaison. Madame de Châtenay porte son beau collier et madame de Veillère son brocart. .Madame de Griffon, femme de M. Griffon, conseiller au présidial , mènera la Jeanne et la Louison. — a Vous n'avez jamais rien vu de joli comme ces trois petits morceaux, s'écrie le poète. - Les dames de Bourginagcr ont commandé une belle armoire de noyer pour serrer le beurre. Les dames de Crèvecnuir achètent du brocart à la veuve Cholard pour faire une robe à la Vierge. La Colin sera chargée des manchettes et des petits béguins. Josserand, le marguillier, sonnera la grosse cloche, et le père Alexis ira jouer du serpent pour amuser l'Enfant Jésus.
Ces noëls me font penser à cet admirable enterrement d'Ornans, du peintre Courbet, où toute la ville était peinte en pied , depuis les fameux bedeaux jusqu'au fossoyeur, et chacun
avec son nom.
En Bresse, le mois de mai est fêté plus que le jour de l'an ailleurs. Xous publions une des chansons que chantent les jeunes filles et les jeunes garçons le premier dimanche du mois de mai, lorsqu'ils vont, se tenant sous le bras, dans les maisons des habitants de l'endroit, demander à boire, quelquefois des œufs ou de l'argent « pour faire le petit goûté » . Une des jeunes filles va devant les autres avec un jeune homme; elle est tout enrubanée : on l'appelle la reine ou bien la mariée; un jeune garçon marche à la tête de la troupe, portent un mai auquel sont attachés aussi des rubans avec des fleurs.
CH.4wn.ni y.