NOUS SOMMES TROIS SOUVERAINS PRINCES
Xons sommes trois souverains princes
De l'Orient, Qui voyageons de nos provinces
En Occident, Pour honorer le Roi des rois
Dès sa naissance, Et recevoir les douces lois Que donne son enfance.
Apprenez-nous, troupe fidèle,
De ce bas lieu , Si vous savez quelque nouvelle
Du Fils de Dieu :
Enseignez -nous en vérité
Quel est le Louvre Qui cache la nati\ ité
Que le ciel nous découvre.
Xous voulons rendre nos hommages
A sa bonté, Et saluer en pieux mages
Sa majesté; \ous portons à ce Dieu de paix
Xos diadèmes , Et de nos paisibles sujets
Les cœurs et les biens mêmes.
Le firmament fait , sous le voile
De cette nuit, Briller une pompeuse étoile
Qui nous conduit ; Xous nous guidons par les beaux feux
Qu'elle fait naître ; Xous allons accomplir nos vœux ,
Adorer notre maître.
Suivons-la donc, sages monarques,
Sans balancer, Puisque ce sont de sûres marques
Pour avancer ; Dirigeons nos pas sur les traits
Qu'elle fait luire , Ils ont paru sur nos palais Afin de nous instruire.
Quelle est cette nombreuse foule
Que j'aperçois ?
On croirait que la terre roule
Sous un tel poids; .Mais ce ne sont que des bergers
Qui, pèle-mcle, Semblent courir à pas légers , Pour lui marquer leur zèle.
Pour annoncer l'auguste fête
De l'Éternel, Je vois que l'étoile s'arrête Sur son autel.
Serait-ce , hélas ! ce petit lieu Sans couverture Où logerait le Fils de Dieu Prenant noire nature ?
Ah ! faites-nous un peu de place,
Xos chers amis, Présentez-nous au Roi de grâce ,
S'il est permis.
Xous arrivons d'un cœur content
De l'Arabie , Pour voir le Fils du Tout-Puissant Et l'auteur de la vie.
Dieu naissant, de qui notre empire
Attend les lois, Xous sommes , nous l'oserions dire ,
De riches rois , Qui venons rendre nos devoirs
A voire enfance, Et lui consacrer nos pouvoirs Et notre obéissance.
Xous avons dans ces cassolettes
Quelques présents , D'aromates les plus parfaites ,
D'or et d'encens.
Agréez, Seigneur, ce trésor
Et nos hommages :
En recevant la myrrhe et l'or, Bénissez ces trois mages.