C'EST PINSON AVEC CENDROUILLE
Cette chanson n'est pas *,ant une chanson comique qu'une chanson d'enfants, où la châtie^ le gros rat avec son violon^ etc., ne figurent que pour tenir en éveil l'esprit d'un petit tapageur en attendant que le sommeil vienne fermer ses paupières. ''Il ne faut pas, dit avec justesse M. Champfleury, demander aux nourrices qui composent
ces chansons, autre chose que ce qu'elles peuvent donner ;
dans l'amour qu'elles portent aux enfants, elles
trouvent de singulières associations de mots. qui
frappent le nouveau-né et savent Midormir ses souffrances."
Ces couplets se chantent en France, dans le Cambrésis, sur un air tout différent du nôtre.
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C'est Pin- - son a- vec Cea- drouil- le Qui vou-
draient se ma- ri-
er; Ils vou- draient fai- re des
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no- ces Mais n'ont pas do quoi man- - ger. Gai Ion
^'^—^ -g gi— -1^-
la, Tir' la li- - ret- te, Des trotn-pett's, Il yen au-
ra.
C'est Pinson avec Cendrouille Qui voudraient se marier; Us voudraient faire des noces, Mais n'ont pas de quoi manger.
Gai lou la
Tire la liiette,
Des trompettes
Il yen aura.
Ils voudraient faire des noces, Mais n'ont pas de quoi manger.
Us voient venir un gros cliien, Dans sa gueule apporte un pain.
Gai lou la, etc.
Us voient venir un gros cliien, Dans sa gueule apporte un pain.
De pain nous en avons bien, De viand' nous n'en avons point.
Gai Ion la, etc.
De pain nous en avons bien.
De viand' nous n'en a vous point.
Ils voient venir un corbeau, Dans son bec est un gigot.
Gai lou la, etc.
Ils voient venir un corbeau.
Dans son bec est un gigot.
De viand' nous en avons bien.
De vin nous n'en avons point.
Gai Ion la, etc.
De viand' nous eu avons bien, De vin nous n'en avons point.
Us voient venir un lapin.
Sur son dos, un' tonn' de vin.
Gai Ion la, etc.
Us voient venir un lapin, Sur 80I1 dos un' tonii'de vin. De vin nous en avons bien, De danseus's n''iin avons point.
Gai Ion la, etc.
De vin nous en avons bien, De danseus's n'en avons point.
Ils voient venir un voisin, Une flUo à chaque main.
Gai Ion la, etc.
Ils voient venir un voisin, Uike fille à chaque main.
Des danseus's en avons bien, De violon n'en avons point.
Gai Ion la, etc.
Des danseus's en avons bien.
De violon n'en avons point.
Ils voient venir un gros rat, Un violon dessous sou bras.
Gai Ion la, etc.
Ils voient venir un gros rat, Un violon dessous son bras.
— Entrez monsieur l'Arrivé:
Notre chatte est au grenier.
Gai Ion la, etc.
Entrez, monsieur l'Arrivé:
Notre chatte est au grenier.
La chatte entendit cela, A sauté dessus le rat.
Gai Ion la, etc.
La chatte entendit cela, A sauté dessus le rat.
Le rat s'est mis à crier :
Voilà mon violon cassé!
Gai Ion la, etc.
Le rat s'eafc mis à crier:
Voilà mou violou cassé! Quand j'irai eu couipaguée, Un coup d'eau d'vi' je prendrai.
Gai Ion la, etc.
Quand j'irai en compaguée, Un coup (l'eau d'vi' je prendrai.
J'u'en douu'rai pas à cell'-là Qui m'a cassé les deux braa.
Gai Ion la,
Tire la lirette,
Des trompettes
Il y en aura.
A LA CLAIRK FONTAINE
(Air recueilli par M. l'abbé Marquis)
Le lecteur a déjà pu observer que, daus des chants qui semblent d'abord appartenir au mode mineur, le chanteur populaire fait tout à coup apparaître une seconde majeure entre le septième et le huitième degré de la gamme, détruisant ainsi la note sensible, et plaçant la mélodie dans le premier ou le second mode de la tonalité ancienne. Or, ce qui arrive pour le mode mineur arrive aussi pour le mode majeur. Ainsi, dans la mélodie de la Claire Fontaine^ que l'on va voir ci-après, et qui semble d'abord appartenir exclusivement au mode majeur, la note fa apparaissant naturelle, dans la dixième et dans la quatorzième mesure, la sensible disparaît par là même, et le huitième mode de la tonalité ancienne se trouve parfaitement accusé.
On dirait, quelquefois, que le peuple a horreur de la note sensible. Cela tient à des causes toutes nakirelles que des musicistes distingués de ce siècle ont étudiées et expliquées d'une manière irréfutable. (Voir les Remarques générales., à la fin de ce volume.)
J'ai déjà dit que ees infraction-s aux règles de l'art mo derne n'indiquent pas toujours l'ancienneté d'une mé-lodie Souvent il arrive qu'une chanson de la ville, toute fraîche composée, vieillit tout à coup de plusieurs siècles, grâce aux altérations qu'elle snbit en passant par des gosiers
compagnards. Chacan connaît cet air d'un vaudeville intitulé : Les Canotiers de la Seine:
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Mes-dam's, sa-vez- vous c'qu'il fiiut Pour ê- tre ^r=| eto i ca- no- lié- - re f
Eh I bien, voici comment j'ai entendu chanter ce même air par une jeune fille de l'Ile-Verte, (comté de Téraiscouata) :
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Ceux de mes lecteurs qui ont visité la capitale de la France se rappellent sans doute avoir vu, sur la place des Victoires, une statue équestre de Loais XIV, représentant le monarque avec un lambeau de vêtement sur le corps, et des sandales aux pieds. C'est un anachronisme de ce genre que faisait, bien à son insu, ma jeune chanteuse de l'Ile- Verte, en dépouillant de sa note sensible la mélodie toute moderne du vaudeville français.
--ztr.
la clai- - re fon- - tai- ne M'en
trou- vé l'oau si
=i==iS?SgES
al- lant pro- tne- ner, J'ai
bel- lo Que je m'y suis bai- gaé. Lui
ya long- temps que je t'ai- me, ja-
sr^TiK;.-
uais je ne t'ou- blie-
rai.