‹ Chansons populaires du CanadaChapitre 21 sur 116 · MON, TON, TON, TURLUTAINE · texte numérisé non relu

MON, TON, TON, TURLUTAINE

M. Clément Gaze?u, un de ces anciens Canadiens dont le type devient de plus en plus rare de nos jours, et qui, avec bien d'autres usages aimables et touchants de la vieille France, a conservé l'habitude de chanter les chansons qui nous viennent de nos grands-grands-pères, — m'a chanté et répété un grand nombre de fois la mélodie que voici, et toujours absolument telle que je l'ai notée. Cependant, comme je craignais que l'on vînt à suspecter la fidélité de mon oreille, j'ai voulu, avant que de l'éorire définitivement pour l'impression, me la faire chanter de nouveau ; et, muni cette fois d'un instrument de musique, j'ai pu constater avec certitude que mon oreille ne m'avait pas trompé. Maintenant, qu'un musicien essaie de chanter cette mélodie, la note fa naturel lui paraîtra excessivement dure ; mais qu'il entende chanter cette même mélodie par un homme du peuple ou par tout autre qui n'ait pas donné dans le dilettantisme, le fa naturel ne le choquera plus. D'où vient cela ? — C'est que le musicien, à cause même de l'éducation de son oreille, ne peut, sans un véritable effort — effort désagréable— ne pas faire de note sensible, tandis que l'homme du peuple, lui, peut chanter un intervalle de seconde majeure entre le septième et le huitième degré de la gamme sans le moindre sffort, et que souvent même il lui serait difficile de faire autrement.

--ri

Mon pèr* u'a- vait fil- le- que moi, Mou

mm^M^^^Mï^^^

pèr* u'a- vait fil- le- que moi ; Eu- cor sur la mer

ig — *-

:di

:n^-^=:]5-^si

il m'envoie. Mon ton ton tur- lu- taine, oh 1 gai,

Jiilïl

Mon ton ton tur- lu-

tai- - ne.

(Pour les autres couplets, voir Gécilia-)

Ce qui précède était écrit lorsque je reçus de M. le bibliothécaire de l'université-Laval la version que l'on va voir ci-après, qui est à peu près celle que j'ai toujours entendue dans mon enfance, et dans laquelle on trouvera encore le fa naturel. " Voici, m'écrit M. l'abbé Laverdière, comment un de nos engagés me chante Mon père n'avait : "

Mon pèr* n'avait fil- le que moi, Mon pèr* n'a- vait fil-

Si 3S^EÏSê=^aHs^îE E35

le que moi ; En- cor sur la mer il m'envoie. Mon ton ton tri-

iaiue, oh I gai, mon ton ton tri- tai- - ne.

Page 1