‹ Chansons populaires du CanadaChapitre 28 sur 116 · SO CHANSONS POPULAIRES · texte numérisé non relu

SO CHANSONS POPULAIRES

DIGUE DINDAINE

Ne dirait-on pas que cette mélodie d'une si délicate beauté se termine sur la dominante tout exprès pour imiter le son continu du petit bourdon de la musette, qui fait encore entendre sa note dominante alors que le musicien a fini d'exécuter son air ? Cette chanson, aussi belle comme poésie que comme musique, nous vient de la France, où elle n'est pas non plus tout-à-£ait oubliée. L'air sur lequel M. Wekerlin (collaborateur de M. Champfleury,) l'a notée, dans les Chansons populaires des provinces de France, est fort joli, mais ressemble peu au nôtre ; quant aux paroles,, publiées dans le même ouvrage, et qui se chantent dans le Nivernais, elles sont loin d'être aussi poétiques que cellesde notre version canadienne. Gomme 4ans notre chanson, il s'agit, dans la version française, d'une petite fille " encore jeunette " qui part pour garder son troupeau et qui oublie son déjeûner. " Un valet de chez son père " va le lui porter et la trouve tout attristée de la dispersion des intéressants quadrupèdes commis à sa garde ; le galant valet embouche alors un instrument champêtre et fait revenir comme par enchantement le troupeau au pied de la bergère. Mais ici commence la bifurcation : le troupeau de la chanson française n'est pas composé de moutons mais bien de prosaïques enfants de la race porcine , lesquels se mettent, eux aussi, à

danser, mais sans se tenir par la patte, — ce qui est beaucoup moins élégant.

l'n'y avait qu'la grand' trui'-caude Qui ne voulait pas danser,

ajoute la chanson française ; mais le chef de la bande vient la prendre par l'oreille et lui dit :

Commère, il nous faut danser I . . . .

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