IVOU VIENS-TU, BERGÈRE
Le noël que l'on va lire n'est jamais chanté à l'église (il a pu l'être aulrefois) ; mais il est bien connu dans les familles. Les petits enfants aiment son joli air, simple et doux. Le D'où viens-tu? et le Qu as-tu vu, bergère 1 de chaque couplet, intéresse leur imagination, qui s'exalte au récit de ce Dieu qu'adorent les grands parents comme les petits enfants, ce Dieu qui a tout fait, tout : le beau ciel étoile, le grand fleuve et la haute montagne couverte de neige, et qui cependant veut naître pour nous dans une étable ! Le bœuf, dont, ordinairement, ils n'osent pas trop approcher, et l'âne, qu'ils ne connaissent que de nom, sont deux personnages qui, à leurs yeux, embellissent singulièrement le tableau ....
Un écrivain qui n'était malheureusement pas catholique, M. Michelet, a écrit ces lignes délicieuses à propos des noëls populaires :
" Il y avait alors dans l'Eglise un merveilleux
génie dramatique, plein de hardiesse et de bonhomie,
souvent empreint d'une puérilité touchante Elle
(l'Eglise), quelquefois aussi, se faisait petite; la grande, la docte, l'éternelle, elle bégayait avec son enfant; elle lui traduisait l'ineffable en puériles légendes."
■ — D'où vieus- tu, ber-gè-re, D'oïl viens- tu ?
— Je viens de l'é- — » — »
.--=U=^ --g— 3^ — -^ ble, De m'y pro- me- nerj
ta
J'td va QD mi-
ra-
cle
Ce soir ar- ri-
vé.
— D'où viens- tu, bergère,
D'où viens-tu f — Je viens de l'étable, De m'y promener; J'ai vu un miracle Ce soir arrivé.
— Qii'as-tu vu, bergère,
Qu'us-tu vu ?
— J'ai vu dans la crèche Un petit enfant Sur la paille fniîcho Mis bien tendrement.
— Rien de plus, bergère,
Rien de plus ?
— Saint' Marie, sa mère, Qui lui fait boir' du lait.
Saint Joseph, son père, Qui tremble de froid.
— Rien de pi us, bergère,
Rien de plus î — Ya le bœuf et l'âne Qui sont par devant, Avec leur haleine Réchauffent l'enfant.
— Rien de plus, bergère,
Rien de plus ?
— Ya trois petits anges Descendus du ciel Chantant les louanges Du Père éternel.