‹ Chansons populaires du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 123 sur 165 · PÉRRETTE EST BIEN MALADE- CHEZ MON PÈRE YA TROIS FILLES · texte numérisé non relu

PÉRRETTE EST BIEN MALADE- CHEZ MON PÈRE YA TROIS FILLES

La chanson de Perrette étant chantée dans toutes nos campagnes, et par les gens du peuple, j'ai cru devoir lui donner place ici, mais j'avoue que sa musique, aussi remarquable par sa distinction que par son caractère antique, semble accuser une origine peu populaire. Paroles et musique sont peutêtre nées au milieu de “ces prés fleuris qu’arrose la Seine,” dans Lutèce la chantante elle-même, alors que l’école littéraire dite sentimentale peuplait le Louvre et Versaïlles de bergers et de bergères.

Dans tous les cas, les couplets de Perretle est bien

malade, de même que ceux de Chez mon pèr? ya trois filles, qui semblent en être une variante plus populaire, ne sont certainement pas canadiens. Les

mots : aubade, muselte, et tambour sont là pour le prouver.

1. Ilest important de remarquer que le peuple, en Canada, ne fait pas usage d’instruments à sons fixes, tels que la vielle et les differentes sortes de musettes on cornemuses : le biniou, le 6ag-pipe, vte ; que le violon est le seul instrument dont se servent nos virtuoses compagnards ; et que, vonséqueminent, on ne saurait attribuer aux exigences d’instruments à sons fixes le fait que nos chants populaires appartiennent presqu’exclusivement au genre diatonique.

Le tambour, dont nos paysans ne font pas non plus usnge, était autrefois un instrument très en vogue en Canada, avant l’arrivée des blancs. On le regardait presque comme quelque chose de sacré, parce que les jongleurs s’en servaient toujours dans les chants qui accompagnuient leurs magies. C’est si bien le cas que les premiers missionnaires de la Nouvelle-France ne considéraient un sauvage bien converti que lorsque celui-ci avait brise son tambour. Le Frère Gabriel Sagard dit, en parlant d’une coutume montagnaise : se seseooossse.Je m’oubliais de parler des, violons

Chez mon père ya trois filles se chante sur la première partie (andante) de l'air noté ci-après. Cette variante m’a été chantée par une jeune fille du nom de Farly, de Saint-Barthélemy, comté de Berthier.

x} Ns/ la la la la Trala la la la la, Per- rette est bien ma-

See

D ee RE D la va voi- - re, Tra Ja la

DE RER OC PARC ARE laÿ-ra - tu mou- rir? Be- zin-

ou instrumens musicaux au sons desquels, & des chansons des deux chantres, tout le branle alloit & se remuoit à la cadence; c’estoient une grande escaille de tortuë & une façon de tambour de la grandeur d’un tambour de basque, composé d’un cercle large de trois ou quatre doigts, & de deux peaux roidement estenduës de part & d’autre, dans quoy estoient des graines de bled d’Inde, ou petits caillous pour faire plus de bruit : le diamettre des plus grands tambours est de deux palmes ou environ, ils lv nomment en Montagnais Chichigouan ; ils ne le battent pas comme on fait par deça : mais ils le tournent & remuent, pour faire bruire les cail'ous qui sont dedans, & en frappent la terre, tantost du bord, tantost quasi du plat, pendant que tout l8 monde danse.

‘6 Voyla tont ce qui est des instruments musicaux du pays.”

Sagard.—Histoire du Çanada, page 474, Paris, 1836.

À es zin- zon RE zon Be- zin- zain? Te lai? ra-

tu mou- rir, Te lai’ ra tu mou- rir?

Andante.

Perrette est bien malade, Tra la la la la la

Tra la la la la la,

Perrette est bien malade, En danger de mourir, (bis)

Presto.

Son ami la va voire,

Lra la la la la la la

Son ami la va voire:

—Te laï'ra-tu mourir ?

Bezinzi bezinzon, Bezinzon bezinzaïine,

Te laira-tu mourir ? (bis)

Andante.

Non, non, répondit-eïle, Tra la la, etc.

Non, non, répondit-elle,

Je ne veux pas mourir. (bis)

Presto.

Qu'on m'apporte ma fiâte,

Tra la la la la la la,

Qu'on m’apporte ma fifite

Et mon tambour joli.

Bezinzi bezinzon, ete,

Andante.

Pour jouer une aubade, Tra la la la la la

Tra la la la la la,

Pour jouer une aubade

Et chasser les soucis. (bis)

Chez mon pèr° ya trois filles, Les voici, les voilà,

Tra la la tra la la,

Chez mon pèr’ ya trois filles, Tout’s trois à marier, (bis)

Mais yen a deux qui chaucent, Les voici, les voilà, cte., Mais yen a deux qui chantent Et l’autre qui gémit. (bis)

—Pourquoi gémir, la belle ?

La voici, la voilà, etc., Pourquoi gémir, la belie :

Nous somm's tout réjouis! (bis)

Chantez, chantez-la belle, La voici, la voilà, etc., Chantez, chantez, la belle, Nous chanterons aussi, (bis)

Qu’on m’apporte ma musette, La voici, la voilà, etc.

Qu’on m’apporte ma musette Et mon tambour joli! (bis)

Que je jou’ des aubades,

Les voici, les voilà, cte., Que je jou’ des aubades

Aux enfants sans souci, (bis)

—Les enfants sans souci, me dit-elle, Les voici, les voilà, etc.,

Les enfants sans souci, me dit-elle, Ils sont bien loin d'ici. (bis)

Ils sont à la caserne,

Les voici, les voilà, etc, Ils sont à la caserne, Après se divertir. (bis)

Ils boivent pots et pintes, Les voici, les voilà,

Tra la la tra la la,

Ils boivent pots et pintes,

Vidant les verr’s aussi, (bis)

tan mél san:

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