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le plus sou-vent le
mant !
Dans tous les cantons
Ya des fill's et des garçons Qui veul’nt se marier,
C’est la pure vérité.
Les garçons vont les voir,
Le plus souvent le soir ;
Les fill’s se réjouissent Quand ell’s voi’nt leurs amis; Ell's se dis'nt en souriant:
Le voilà mon amant!
Jeunes fill’s, écoutez,
Qui voulez vous marier:
Votre engagement
Vous causera du tourment, Vous prenez un état
De pein’s et d'embarras ; Bien souvent du chagrin, Sans en connaîtr’ la fin, Qui vous f’ra regretter
La maison qu’vous quittez.
Etant mariée,
Il faut tout abandonner, Tous les agréments
D’être avec les jeunes gens.
Faut rester au logis
Pour plaire à son mari; Vous êtes mariée
Par votr? propr’ volonté ; Vous avez pris un mari, O’est pour lui obéir.
S'il est complaisant,
Vous aurez de l’agrément s Mais s’il est jaloux,
Vous n'en aurez pas beaucoup.
Combien y en a-t-il
De ces méchants maris, Que tout leur intérêt C'est d'aller au cabaret, Pour y passer leur temps À boir’ tout leur argent!
Le soir arrivé,
Ils revienn’nt à leur logis Tout en furibons
Et menant le carillon ; Disant d’un air fâché :
“ Donne-moi à souper | Premptement fais mon lit, Car j'ai besoin d'dormir! ” Comment pouvoir chérir Un si brutal mari?
Vous, à la ma'son,
Ni pain, ni lard, ni poisson, N'ayant pas le sou
Et souvent manqrant de tout ...
Et vos petits enfants
Qui vous diront : ‘ Maman, Donnez-nous donc du pain,
Car nous mourons de faim ! ”?
Hélas, quel crève-cœur
Vous f’ra verser des pleurs!
Mais comme cela
Tous les hommes ne sont pas:
Car tous ces défauts,
Pour un seul, ce serait trop!
Yen a, assurément,
Qui sont plus complaisants :
Ils aim'nt leurs compagnées Puisqu'ils les ont épousées, Ils veul'nt les soulager :
C’est pour se faire aimer.
Mais si les maris
Ne sont pas tous garantis,
C’est qu'il yen a trop
De ces femm’s qu'ont des défauts...
De ces humeur’s marabouts,
Que rien n’est à leur goût;
Quand on veut leur parler
Dans un coin s’en vont bouder.
Comment n’pas fair’ courroux
Avec un tel hibou ?
La semaine, au logis,
Ell's ont l'air tout étourdies ; Mal peigné’s, mal chaussées, Et souvent mal a rangées, Le dimanche arrivé,
Vous les voyez frisées,
Que tout’s leurs qualités N'est qu’pour la vanité.
F1ls n’ont aucun souci
Pour l'affair’ du logis.
Qu'en a composé la chanson C’est un vieillard de ce canton Qui n’a pas regretté Le jour qu’il s'est marié.
Il a pris un gibier Qu'il a su conserver ;
‘ Elle a des qualités Qu'il n'a point publiées, Que chacun fass’ comm? moi, Qu'il chante ce qu'il sait,