LA GUIGNOLÉE
Voyez page 237.
Il est une autre coutume, autrefois en grand usage en Canada, à laquelle on attribue aussi une origine païenne, et que l’on aurait christianisée comme la Guignolée : c’est celle des feux de la Saint-Jean.
Tombée aujourd’hui dans l'oubli, cette coutume subsistait encore au commencement de ce siècie dans certains pays de l’Europe (en Irlande, en France, en Espagne) de même qu’en Canada.
Les feux de la Saint-Jean paraissent remonter à une époque plus éloignée que lPétablissement du christianisme ; ils vetivent être considérés comme un reste de Pancien: superstition et de la vénération que les Celtes vaieut pour le feu, qui purifie tout, qui échauffe et consume tout. Les païens l’adoraient comme la source première de la vie et du mouvement de l’univers, le symbole visible de la divinité. On allumait ces teux en réjouissance de Parrivée du soleil au solstice d’été qui commence les longs jours
(fin de juin). (1)
On lit dans la vie de saint Eloi, (mort en 659), que ce fervent apôtre travailla avec ardeur à déraciner les
(1) Dict. de Bécherelle, au mot feu.
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nombreuses superstitions qui régnaient à cette époque dans lesprit des populations du nord de la France, comme de danser et chanter à la fête du 24 juin, “ de faire sauter les femmes malades par dessus des charbons allumés la veille, pour obtenir une heureuse
délivrance.”
Dans ie Plaid du concile de Lestines « tines, qui s’assembla en 742, d’après le désir « nan, duc des Français, on remarque un superstitions païennes alors en usage, 's celle du feu de Nodfir, au mois de juin, allume en
frottant l’un contre l’autre des morceaux de bois, pour faire des feux de joie en l’honneur des dieux et des déesses ; l’attouchement des flammes ou de la fumée attirant de prétendues bénédictions.”
Le meilleür moyen de couper court à ce reste de paganisme était de transformer cette fète de la superstition en une fête chrétienne, et c’est effectivement ce que lon fit.
M. LaRue a bien voulu me passer la petite note suivante touchant la cérémonie du deraier feu de la Saint-Jean dans sa paroisse natale :
Jl y a cinquante-cinq ou cinquante-six ans que le dernier feu de joie de la Saint-Jean a eu lieu à Saint- Jean de l’Ile d'Orléans. (C’était la grande fète de lIle ; le feu se faisait la veille de la fête et était précédé du salut. Les habitants des paroisses voisines
s’y rendaient en foule, tous à cheval. Avant ce
temps, les femmes s’y rendaient aussi, et à cheval,