‹ Chansons populaires du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 71 sur 165 · AT CANADA · texte numérisé non relu

AT CANADA

MARIANSON, D ‘ME JOLIE,

La complainte de Marianson doit être fort ancienne.

Ou y respire le moyen-âge à pleins poumons...

non pas le moyen âge dans ce qu’il a de bon, mais

dans ses faiblesses, et tel qu’on a presque toujours le

soin de le représenter.

Que le mal, qui est de tous les siècles, ait existé,

dans le moyen-âge, chez ces peuples de PEurope

nouvellement conquis à la foi, et à peine sortis du

paganisme et de la barbarie, nul ne songe à le nier.

Mais il y a cette différence entre le mal de ces temps-

là et le mal d’aujourd’hui que celui-ci est organisé,

qu’il s'étale au grand jour, qu’it se glorifie lui-même,

qu’il appelle héroïsme, vertu, justice, lassassinat, la

spoliation, l'injustice, qu’il nie Pautorité divine, que,

par la bouche de ses sociétés secrètes, il proclame ce

principe : que /a puix de l’àme réside dans l« négation

de Divu ; tandis que celui-là n’est qu’une défaillance

passagère, souvent très-grave et très-blàämable sans

doute, mais qui rougit d'elle-même, ne cherche pas à

se propager, et à laquelle survit toujours la foi

Tout cela n'empêche pas que le mari de Marianson,

dame jorie ait lait un bien mouvais coup; maisilena

déjà demandé pardon....ic récit cependant eût été

plus “omplet et la couleur de l'époque mieux gaidie

158 CHANSONS FOPULAIRES

si la complainte en eût fait un frère de la Merci, se vouant volontairement à l’esclavage pour expier son crime.

OPEN QUE SEULE | HER et

ms mm — À

m vo- tre ma- ri? Ma- ri-

lie, Où est al- lé vo- tre ma-

—Marianson, dame jolie, bis Où est allé votre mari ? d

--Mon mari cest allé-z-en gucrre, bis Ah! je ne sais s’il reviendra. :

—-Marianson, dame jolie, ;

A < : » bis.

Prêtez-moi vos anneaux dorés.

—T sont dans l’coffre, au pied du lit; | bi Ah! prends les clefs et va les qu'ri’.

—Bel orfêvrier. bel orfèvricr, bis Faites-moi des anneaux dorés. °

Qu'ils soy-ent fais naiss parfaits) :.

‘1. , . bis.

Conun’ les ceuz’ de Marianson.

Quand il a en ses trois anneaux,

Sur son cheval est embarqné. pe

Le premisr qu'il a rencontré, bis sut l'mari d'Varianson, ;

erci,

pier

—Ah! bonjour donc franc cavalier ; ble Quel!’ nouvell’ m'as-tu apportée ? |

— ! € a rat ie , . as .

Ah! des nauve l's je n’en ai pa Éd bis,

‘Que les-ceuz’ de Marianson.

—Marianson, dame jolie, bis El m'a été fidèle assez. °

—Oni, je le crois, je le décrois : dé Voi à les anneaux de ses doigts. (

—Tu as menti! franc cavalier : blé.

Ma femune m'est fidèle assez.

Sa femm’ qu'étrit eur les ramparts, bis, Et qui le voit venir là-bas:

—1 est mr'ade au hien fiché, bis C'est une chos’ bien assurée, .

Ah! maman, montre lui son fils ‘À

Ça lui réjouira l'esprit, j pu

—Ah! tiens, mon fils, voilà tan fils. bi Quel nom donn'ras-tu à ton fils ?

— À l'enfant je donn’rai un nom, À la mère, un mauvais renom.

bis.

A pris l'enfant par le ma'llot, bi Trois lois par terre il l'a jeté, ( ?'5

Marianson, par les cheveux, | bis A son ch val l’.-t-attaché:. '

Ja marché trois jonrs, trois nuits, b'e Sans regarder par derrièr’ lui. °

Au bout des trois jaurs e‘ trois nu ts, bia A regirdé par derrièr’ lui.

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