‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 100 sur 132 · JAMAIS JE NOURRIRAI DE GEAIT · texte numérisé non relu

JAMAIS JE NOURRIRAI DE GEAIT

J'ai fait dernièrement un séjour à la campagne que j'ai bien allongé de près d’une semaine, uniquement pour faire chanter les anciens voyageurs, les jeunes filles et les vieilles femmes. ‘* Ah! me disait une de ces femmes, si vous pouviez rester ici encore quelques jours: j'ai une de mes brus qui demeure à Saint-B * * * et qui doit venir nous voir dimanche qui vient... Ça, c'est une belle chanteuse !”

J'attendis la belle chanteuse : une grosse jofflue qui louchait d'un œil;—fort bonne femme d'ailleurs, et qui, d’une voix nasillarde et sur un ton excessivement élevé, me chanta des romances de la ville, dont je n’ai que faire, en prononçant les e muets en a, et les r à l'anglaise.

Un autre me dit: “Tenez, si vous voulez avoir de jolies chansons, allez voir P’tit-José-Baptiste : c'est lui qui en sait!”

Ce n'était pas la première fois que j'entendais parler de P'tit-José-Baptiste comme d'un chanteur émérite; je résolus de me rendre chez lui, quoiqu'il demeurât à une bonne distance. J'étais sûr d'une ample moisson: je bourrai mon carton d’un papier sillouné de portées, tout prêt à recevoir et à conserver pour les siècles futurs le répertoire si varié et si vanté du célèbre chanteur. J'arrive ….…O Renommée ! c'est bien là un de tes coups !.....Mon homme ne savait rien, absolument rien ..…...que quelques

fragments tronqués, informes, de cantiques et de psaumes- À quelques refrains écornés de chansons. Il me reçut très’ NL poliment et s'excusa de ne pouvoir me rendre service “ Mais, ajouta-til, si vous voulez entendre de belles chansons, — des vraies belles, —vous n'avez qu’à aller chez mon oncle Pierrot-Paul-Antoine, à trois lieues d'ici: il pent

vous en chanter pendant huit jours!”

Mais s’il y à quelqu'eunui à recueillir les poésies et les chants du peuple, il y a aussi des jouissances véritables pour faire compensation, Et parmi ces jonissances, il en

est peu que je goûte autant que celle d'entendre prononcer

le nom d'une ville, d'une place forte, d'un port de mer du

beau pays de France par ces bons paysans canadiens, qui ,

chantent encore, souvent sans y penser, le doux pays où

lours pères vécurent, travaillèrent et aimèrent, fidèles à

Dieu, à leur roi et à leur patrie.

Le Canada ne manque pas d’attraits pour le visiteur étranger ; mais je ne crois pas que rien ne soit plus propre à impressionner délicieusement le voyageur français qu'une de ces joyeuses scènes de la vie de nos campagnes, une épluchelte de bled-d'Inde, par exemple, où il entendrait chanter : Sur le pont d'Avignon, —Dans les prisons de Nantes,—M'en revenant de la jolie Rochelle, —C'est dans la ville de Rouen, —A Saint-Malo, beau port de mer. .; ou bien encore ce couplet de la chanson qui va suivre :

Je w’en irai dedans Paris Pour fouder une école; Toutes les dames de Paris Viendront à mon école....ete,

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ervice: J'ai bien uourri le geui sept ans Dedaus iuu cu-ge

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Z MON | ron- A Au bont de. Ja sep- tième an- né il pent

* Mon geai a prisson vol, oh! gai. Ja- wuis je uour- ri- S EL Its

tables s,ilen Œ” geai, “De geui De je uour- ri- rai, noncrer

mer du J'ai bien nourri le geai sept ans

ns, qui Dedans ma cage ronde ;

Au bout de la septième année

Mon geai a pris son vol, oh! gai.

dèles à Jamais je nourrirai de geai, De geai jamais je nourrirai.

days où

visiteur propre Au bout de la septième année Mon geai a pris sou vole.

—Revieus mon geui, mon joli geai, campa- Dedans ma cage ronde, oh! gai.

il en- Jamais je nourrirai, etc.

rançais?

es pri-

—C'est Reviens mon geai, mon joli geai,

Dedans ma cage ronde ;

Mon petit geai me fit réponse:

ivre : —Je veux faire le drôle, oh! gai, Jamuis je nourrirai, etc.

è mer..;

Mon petit geai me fit réponse :

—Je veux faire le drôle.

Je w’en irai dedans Paris

Pour fonder une école, oh! gai.

Jamair je nourrirai, etc.

Je m'en irni dedans Paris

Pour fonder une école.

Toutes les dames de Paris

Viendront à mon école, oh! ga Jamais je nourrirai, ete,

Toutes les dames de Paris

Viendront à mon école,

Je choisirai la plus jolie,

Je renverrai les autr’s, oh! gai Jamais je nourrirui de gead, De geai jamais je uourrirai

pou don!

beat tous facti une

dént men

vers

er

JAMAIS JE NOURRIRAI DE GEAI (Autre air)

L'air qui précède a été recueilli dans le district des Trois-Rivières ; celui-ci m'a été chanté par un ancien ha bitant de l'Ile d'Orléans. L’'inversion toute gracieuse du refrain :

Jamais je nourrirai de geai,

De geai jamais je nourrirai....

pourrait prouver, au besoin, que cette forme de langage, dont les poètes ont tant usé et abusé, n’est pas une de ces beautés de convention auxquelles chacun de nous paie tous les jours, sans s'en douter, un tribut d'admiration factice. L’inversion seule peut, bien réellement, donner une couleur poétique à une phrase qui, sans elle, en serait dénuée., Mais les poètes, à mon avis, usent un peu largement de la recette ; aujourd’hui, la lecture d'une pièce de vers est souvent un véritable travail de construction.

D AE: ER EN En pe Er re PE (GEzN=zs—+#— 9 -|=5—T|== Te | 3 J'ai bieu uour- ri le geai sept aus De- dans ma À get à D D pos bn pn mrare Dom eme sf Rs fe fase fee Er

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rai de geai, De geai ja- -imaisje mour-ri- rai.

CHANSONS POPUI.AIRES ch € \ | C LA GUIGNOLÉE tun lett Ce chant de la Guignolée, si remarquable à cause de É ré) l'antiquité de son origine, a eu le privilége d'occuper l’at- diq tention de plusieurs de nos meiileurs écrivains canadiens. sou L'honorable monsieur P. J. 9. Chauveau v a consacré | quelques lignes dans une des charinantes “petites revues” : de son Journal de l'Instruction Publique, et monsieur à. C. les Taché, dans les Suirées Canadiennes. en a fait l'objet d’une étai notice intéressante que je reproduis iei : ten: cria “ Ce mot La Ignotée, dit M. Taché, désigne à la fois une vien coutume ct une chanson: apportées de France par nos pou ancêtres, elies sont aujourd'hui presqu'entièrement tom- PA bées dans l'oubli. :

la pc ‘# Cette coutume consistait à faire par les maisons, la jam veille du jour de l’an, une quête pour les pauvres (dans obis quelques endroïts on recueillait de la cire pour les cierges Siné des autels) en chantant un refrain qui variait selon les inst localités, refrain dans lequel entrait le mot La Ignoice, los d Guillonée, la Cuillona, Aguilanteu . suivant les dialectes des à une * . diverses provinces de France où cette coutume s'était con- vèrs servée des anciennes mœurs gauloises. us et gé ‘M. Ampère, rapporteur du Comité de la langue, de 66 \

l’histoire et des arts de la France, te. a dit au sujet de cette

se de ir l'atdiens.

nsacré vues” rJ. C.

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sons, la s (dans clerges elon les Ignolée, tes des ait con-

que, ue le cette

chanson : ‘ Un refrain, peut-être la seule trace de sou- “ venirs qui remontent à l’époque druidique.”

Tlne peut y avoir de doute sur le fait que cette coutume et ce refrain aient pour origine première la cueillette du gui, sur les chênes des forêts sacrées, et le cri de réjouissance que poussaent les prêtres de la Gaule druidique : Au gui l'un neuf, quand la plante bénie tombait sous la faucille d'or des Druides.

# Dans nos campagnes, c'était toujours une quête pour les pauvres qu'on faisait, dans laquelle la pièce de choix était un morceau de l'échine du porc, avec la queue y tenant, qu'on apnelait l’échignée ou la chignée. Les enfants criaient à l'avance en précédant le cortége : la Ignolée qui vient ! On préparait alors sur une table une collation pour ceux qui voulaient en profiter et les dons pour les pauvres.

“ Les Zynoleux, arrivés à une maison, battaient devant la porte, avec de longs hâtons, la mesure en chantant: jamais ils ne puuétraient dans le logis avant que le maître et la maîtresse de la maison, ou leurs représentants, ne vinssent en grande cérémonie leur ouvrir la porte et les inviter à entrer. On prenait quelque chose, on recevait les dons dans une poche qu'on allait vider ensuite dans une voiture qui suivait la troupe; puis on s’acheminait vers une autre maison, escorté de tous les enfants et de” tous les chiens du voisinage, tant la joie était grande ..…. et générale!

“ Voici la chanson de La Ignolée, telle qu'on la chantait

encore en Canada, il y'a quelques années, dans les parois-

ses du Bas du Fleuve :

“ Bonjour le maître et la maîtresse

Et tous les gens de la maison.

Nous avons fait une promesse * De v'nir vous voir une fois l’an.

Un’ fois l’an....Ce n’est pas grand’ chose

Qu'un petit morceau de chignée.

6 Uu petit morceau de chignée, Si vous voulez.

Si vous voulez rien nous donner, Dites-nous lé.

Nous prendrons la fille aînée,

Nous y ferons chauffer les pieds !

La Ignolée! La Eynoloche !

Pour mettre du lard dans ma poche!

‘6 Nous ne demandons pas grand’ chose Pour l’arrivée.

Vingt-cinq ou trent’ pieds de chignée

Si vous voulez.

& Nous sommes cinq ou six bons drôles, Et si notre chant n’vous plaît pas Nous ferons du feu 'duns les bois, Etaut à l'ombre ; ' Ou entendra chanter l’eoucou Et la coulombe ! ”

& Le christianisme avait accepté la coutume druidique

Ja sanctifiart par la charité, comme il avait laissé sub-

si.

déc car’:

réal des à av n’en par quo vain

nier

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idique sé sub-

DU GANADA 241:

sister les menhirs en les couronnant d’une croix. Il est probable que ces vers étranges :

Nous prendrons la fille ninée, Nous y ferons chauffer les pieds!

sont un reste d'allusions aux sacrifices humains de l’an-

cien culte gaulois. Cela rappelle le chant de Velléda, da:is les Martyrs de Châteaubriand : —* Teutatès veut du sang. au premier jour du siècle....il a parlé dans le chêne des Druides !” (Soirées Canadiennes, —année 1863.)

L'air sur lequel se chantent ces fragments consiste en [®]

quelques phrases musicales sur lesquelles la poésie s'ajuste

tant bien que mal, tantôt sur l’une, tantôt sur l’autre de ces phrases, sans ordre régulier.

Cette coutume traditionnelle de courir la Ignolée, si bien décrite par M. Taché, finit par perdre beaucoup de son caractère. Il y a une vingtaine d'années, le maire de Montréal donnait à des jeunes gens, la veille du jour de l'an, des permis de courir la Ignolée, sans lesquels on s'exposait à avoir affaire à la police. Cette mesure de précaution n’empêchait cependant pas toujours les désordres : lorsque, par exemple, deüx Guignolées se rencontraient, pour peu qu'on se fût grisé en chemin, il y avait bataille, et les vainqueurs grossissaient leurs trésors du butin des vaincus.

M. Adélard Boucher, m'écrivait de Montréal, lan dernier :

,,,.....Je suis loin d'oublier la Tgnolée, qui se pro: nonce ici, universellement, Guignolée. Malheureusement, toutes mes démarches, jusqu'à présent, n'ont abouti à rien d’utile. Tout le monde sait les premiers vers, rien

de plus. L'usage s’en passe à Montréal comme à Québec. Jadis ce chant était suivi de quêtes en faveur des pauvres de la localité sérénadée. Aujourd’hui les artistes chanteurs se constituent eux-mêmes les pauvres, et transforment en copieuses libations les aumônes qu'il réussissent encore à préleve- de leurs dupes. Ce secret dévoilé a refroidi, comme vous pouvez bien le penser, les sympathies des \ cœurs charitables, et, aujourd'hui, artistes et pauvres exploitent avec un mince succès “La Guignolée.” En attendant le texte fidèle dece chant remarquable, en voici, de mémoire, à peu près la substance : ”

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En France, dans le Vendômois, ‘ tous les enfants courent les rues, le premier jour de l'an, ei &isent à ceux

qu’ils rencontrent: ‘* Donnez-moi ma gui-l'an-neu” Dans le Maine, le peuple court aussi les rues, la nuit qui pré-

cède le premier jour de l'an, chante des chansons aux portes des particuliers, et les termine par demander

ébec.

Lvres

Leurs nt en ore à roidi, s des es EX-

En

voici,

hs aux ander

quelque choses pour la guid'an-neu” (C. LeBtr, Collection de pièces relatives à l'histoire de France, p. 37, t. LIL.)

On aimera sans doute à connaître une Guignolée française, et on lira avec intérêt l'article et la chanson qui suivent, tirés d'un almanach publiéà Paris (L'Hustralion, année 1855) :

LA GUILLANNÉE,

‘* La guillannée, gui, l'an néou! guil l'an neuf! se fait de la manière suivante dans les contrées méridionales. Le 31 décembre au soir, des groupes d'enfants, de jeunes gens, de mendiants, vont, à la lueur d’un flambeau, de porte en porte, aussi bien dans les campagnes que dans les villes, quêter un présent en l'honneur de l'an nouveau, en entonnant des complaintes ou des légendes en mauvais français, finissant toutes par ces mots ou par des équivalents : donnez-nous la guiliannée !

“ Les présents qui leur sont accordés consistent quelquefois en monnaie, le plus souvent en provisions de bouche, fruits, viande de porc, etc.

‘“ Voici une des légendes chantées par les quéteurs :

‘# Le fils du roi s’en va chasser (bis) Dans la forêt d'Hongrie ;

Ah! donnez-nous la guillannée, Monseigneur, je vous prie!

244 CHANSONS F'IPULAIRES

‘4 Ayant chassé et rechassé, (bis) E ct Ïl n’a pas fait grand? prie ; d Ah! donnez-nous, etc. r + tr

6 Il n’a trouvé qu'un nid d'oiseau, (bis) al Qui s'appelle la Frie. se Ah! dounez-nous, etc. : N

4 De cinq qu'il y a, prend le plus beau, (bis) la Et Le port: à sa mie. ee

Ah! douaez-nous, ete.

; ; su ‘6 Qui l’a gardé pendant sept ans (bis) au Deduns tune gabie.

Ah! donez-nons, ete. au ce | na 4 Pendant sept ans il y est resté, (bis) le Menaut bien triste vie.

Ah! dounez-uous, etc.

. le:

ér ‘4 Va, retourne, petit oiseau, (bis) sé Va, retourne à ta mie.

Ah! donnez-nous, etc. en ce # Ainsi que lui, ne reviens pas (bis) Gr Dednos cette gabie.

Ah! donnez-nous li guillannée, jol Monseigneur, je vous prie ! ”? qu all au

Tous les auteurs français que j'ai pu consulter sur la matière s'accordent à donner üne -originé gauloise à la el

sur la e à la

coutume et aux chansons désignées à la fois par ce mot de Guignolée ou Guillannée. Aujourd'hui encore, dans l'ancienne province du Perche, d'où sont venus les ancétres d’un grand nombre de familles canadiennes, on appelle les présents du jour de l'an: les éguilas; or la coutume druidique étant de distribuer le gui de l'an neuf ‘“ par formes d’étwennes, au commencement de l’année,” il est évident que de là vient ce nom de éguilus (ou éguilables, comme on dit à Chartres,) donné aux cadeaux du nouvel an.

Le gui est une plante parasite qui nait sur le chêne, sur le pommier, sur le prunier, sur l’acacia d'Amérique, sur le hêtre, sur l'yeuse, sur le châtaigner et sur plusieurs autres arbres. L'histoire de ia puissance mystérieuse de cette plante est racontée en détail dans l’£Zdda des Scandinaves, le livre qui contient le plus de renseignements sur le culte druidique.

On sait que, environ six cents ans avant Jésus-Christ, les Cimbres ou Kimris, qui habitaient la Crimée, firent éruption sur l’Europe septentrionale et occidentale et s’établirens successivement dans les divers pays compris entre la Scandinavie, les Alpes et les Pyrénées. Ce furent ces peuples qui apportèrent le druidisme dans la Gaule. Il paraît que l’olympe des Cimbres, comme l’olympe des Grecs et des Romains contenait une société à mœurs joliment douteuses Quoi qu’il en soit, une nuit, Balder, qui était Le soleil, ni plus ui moins, eut un songe qui lui annonçait que sa vie était en danger. Il raconte son fait aux autres dieux, qui font avec Balder alliance offensive et defensive.

Une vraie brave femme de déesse qui avait nom Fréa, mariée à un dieu nommé Odin, fit faire serment au feu, à l'eau, au vent et à tout ce qui constitue les règnes animal, végétal et minéral de ne pas faire une égratignure au susdit Bald’r. Cela étant, tous les dieux se faisaient an amusement, dans leurs grandes assemblées, de lancer toute espèce de projectiles au fortuné Balder que rien ne pouvait blesser ot qui crenait un singulier plaisir a cel amuseniont d'u: souivean genre. Malheureusement, il y avait de par lPolyaig: 1 vilain garnement, fourbe, hypocrite et envieux, au demeurant assez joli garçon, que ce jeu-R n'amusait pas; il s'appelait Loke. Déguisé en vieille femme, il se rend au palais de Fréa. La déesse un peu cürieuse et un peu parleuse, lui demande si elle sait ce qui occupe le plus le conseil des dieux.—Les dieux, répond la vieille, jettent des traits et des pierres à Balder, —Et ni Les armes de métal ni Les armes de bois ne peuvent lui être mortelles, ajoute Fréa, car j'ai leur serment.— Quoi! dit la vieille, est-ce que toutes les choses qui existent vous ont fait le mème serment ?—Oui,réplique Fréa, excepté pourtant un petit arbuste qui croît au côté occidental du Valhalla (palais d’Odin), et qu'on nomme ffistil Teinn (gui), à qui je ai pas voulu demander de serment paice qu'il m'a paru trop jeune et trop faible....La vieille en savait assez. Loke reprenant sa forme naturelle s’en va vite arracher l’arbuste par la racine et s’en revient de l'air le plus innocent du monde prendre sa place au milieu des dieux. Or, parmi ces dieux, ilen était un nommé Hoder qui était aveugle. Loke s'approche de lui et lui dit :—“ Pourquoi ne lancez-vous pas aussi quelques traits

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