‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 114 sur 132 · FRANÇOIS MARCOTTE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS MARCOTTE

On a vu, dans les couplets qui précèdent, une mordante satire contre les petits moyens mis en jeu par un homme préoccupé de faire sa fortune rapidement, Voici une autre satire, non moins mordante, dont les garçons qui se vantent de faire tourner la tête à toutes les filles pourront tirer leur profit,

Cette chanson est tout à fait dans le génie canadien, François Marcotte, qui :

....$s’en va promptement

| } Atteler sa jument Chez son oncle Paul Abelle,

est bien un vrai type de faraud campagnard.

C'est une coutume commune aux poètes rustiques de la Franc? et du Canada de se consacrer à eux-mêmes le der: nier ou les derniers couplets de leurs chansons. Presque toutes nos chansons d'élections, de même que les complaintes composées à l’occasion d’un malheur arrivé à une famille ou à une paroisse, finissent par le couplet sacramentel :

Qu’eu à composé la chanson, etc.

Qui a composé cette complainte, etc.

On doit d'autant plus volontiers pardonner cette petite faiblesse aux poètes populaires que l’on est accoutumé à voir des poètes d’un ordre plus élevé parler d'eux-mêmes,

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Voici garçons es filles

inadien,

ues de la s le der Presque les comarrivé à couplet

tte petite putumé à

x mêmes,

se décrire, se vanter, se biographier d'un bout à l'autre de leurs œuvres,

L'air de cette chanson n'a rien d'original et n'est pas canadien. C'est, je crois, une ancienne mélodie anglaise.

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C'est Frauçois Mar- cott Quis'ha- Dbil- le ben

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à Des-cham-bault, Chez mousieur fou drault : C’est uu’

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C'est Frinçois Mareotte Qui s'habille ben propre

Pour aller en promenado ;

C'est à Deschambault,

Chez monsieur Boudrault :

C'est une fille qu'il lui faut,

—Boujour madam’ Boudrault,—

Eu faisant le firaud,

Faisant des politesses, —

Des civilités A la compagnée !

Marcotte fit nn’ belle entrée!

Quand il fut entré, Il s’agit d2 parler Des affuir’s de conséquence :

De su bien ñimfo J1 s'est approché :

C'éaic pour la demander.

—Je suis bien pressé,

. Je veux me marier,

Je crains de vous surprendre; Vous excuscrez

La brutalité

D'l’abord de mon arrivée.

— Vous êt’s tout excusé,

Vous pouvez continuer ; Revenez p'usieurs voyages:

Pour vous marier,

Il faut espérer (attendre) Que mon pèr’ roit arrivé.

# __ Marcutte s’est retiré, Pensaut bien qu’il l'aurait Dans un second voyage ; Ne s'imaginant pas

Qu'en faisant tout cela,

El’ voulait le plunter là,

L’autou -e est revenu, Boudrault ne revient plus, Marcotte est d’un bord et d’l’antre :

C’est pour s'informer,

De tous les côtés,

Si Boudrault est arrivé.

Sen va à Deschambault, Rencontr’ monsieur Boudraalt Et fait sa connaissance :

—Veuillez bien m'excuser, C’est ponr vous demander Votre fille à marier,

—Parlez-moi, mon ami, Tout vous est permis :

Vous avez tant d'avantages!

Vous avez de l'esprit,

Sans compter l’industrie :

Vous êt's homme de génie.

Puis on m°a4 raconté

Que vous vous vantiez

Que vous auriez bien ma fille; Pour vous récompenser,

Nous allons vous donner

Une pell’ bien amunchée.

Revenons à Marcotte.

Ha pris «4 capote;

Il a l'air tout imbécile:

Sou casque rabattn,

H a l'air tout bourru :

Marcott’ ne se r'connait plus.

Il s’en va promptement Atteler sa jument

Chez son oncle Paul Abelle, En disant: Sapre gai!

Je suis effarouché

De la pell’ qu’ils m'ont donnée!

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