‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 131 sur 132 · HARMONIE · texte numérisé non relu

HARMONIE

Tous ceux de nos chants populaires qui appartiennent exclusivement au mode majeur ou au mode mineur peuvent, indubitablement, être accompagnés avec toutes les ressources de l'harmonie moderne, Quant à ceux qui

appartiennent aux modes antiques, ceux dans lesquels il n’y a pas de note sensible, ils se refusent naturellement à l'harmonie dissonante qui a pour principe et pour base là note sensible mise en rapport avec la sous-dominante

Mais ces derniers chants peuvent-ils toujours recevoir une harmonie, même purement consonnante ? Plusieurs artistes de mérite en ont fait l'essai en ma présence, et ni eux ni moi n’en avons été satisfaits.

D'ordinaire, les musiciens qui veulent harmoniser de telles mélodies les fagonnent un peu à la moderne, redressant un tour de phrase par ci, introduisant une note sensible par là. C’est une façon tout à fait leste de se tirer d'embarras, et il n'est pas nécessaire d'être né malin pour pouvoir en faire autant. Il est bien entendu que lorsque je parle d’harmoniser ces chants où n'apparaît point de note sensible, il n'entre pas dans ma pensée d’altérer la mélodie en aucune manière.

De ce que plusieurs musiciens ont échoué dans leur tentative d'y ajouter un accompagnement, devons-nous conclure que ces chants dépourvus de note sensible sont inharmoniques de leur nature? Cette raison ne serait certainement pas suffisante. Les musiciens d'aujourd'hui connaissent fort peu le génie de la tonalité ancienne à laquelle ces chants appartiennent, la plupart n'ayant jamais déchiffré une seule page de contre-point du moÿen âge ou même de la renaissance. Or il est impossible d'accompagner comme il conviènt les mélodies dés coriipositeurs qui précédèrent immédiatement ou qui furent les contemporains d'Orlando Lasso, d'Allegri ou de Pales-

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trina, par exemple, sans avoir longtemps, bien longtemps étudié le contre point dont ils faisaient usage, La phraséologie de ces mélodies est toute différente de celle de nos mélodies modernes, (1) et une des plus grandes difficultés, sinon la plus grande, qui s’otfrirait à l'accompagnateur moderne, serait de discerner, dans ces mélodies, les notes de passage des notes qui doivent faire partie intégrante d'un accord; puis de décider à quel accord

faire rapporter telle ou telle note de passage qui, prise . isolément, ne doit avoir aucun lien de parenté avec

l'accord qui se fait entendre avec elle, Ainsi, par exemple, dans notre musique moderne, il est certaines parties de

la mélodie que l’on n'accompagne pas en faisant un accord pour chaque note ; il est certaines suites de notes, certains

tours mélodiques, qui ne sont harmonisés que par un

seul accord et qui ne reçoivent tel ou tel accord qu’en

raison d’une phrase qui précède où en vue d’une réso-

lution pressentie. On comprend que, pour harmoniser ces notes de passage, il faut posséder à fond le génie de notre tonalité ; il faut que cette tonalité soit, en quelque

sorte, notre langue maternelle. Or, possédons nous assez

bien la tonalité ancienne pour donner à de telles notes de passage l'harmonie qui leur convient? J'en doute ; et,

(1) J’assistais, en 1858, à Rome, à uue messe solennelle célébrée dans la Chapelle bixtine. On y chaatait de lu musique da 15e ou du 16e siècles C'était lu première fois qu’il m'étuit douné d'enteudre de teile musique, et j'avoue que je la trouvai fort étrange. Au moment où je croyais tenir une phrase elle disparuissait dans une fuite (fugu) qui me semblait insolite: impossible de prévoir une résolution, de lier deux phruses ensemble. Il y ayait. peut-être de grandes beautés daus cette musique, mais cette tonalité m'était étrangère ; J’entendais ces sons cm me j’aurais entendu de l’Hébrèu, sans rien y comprendre.

pour ce qui me concerne, je le dis franchement : non. (|)

Qui sait si ces mélodies populaires qui n’appartiennent ni à note mode majeur ni à notre mode mineur n'étaient pas autrefois susceptibles d’une harmonie vraiment rationelle : la diaphonie, harmonie devenue impossible aujourd'hui, à cause de l'éducation de notre oreille ?......

On sait que, vers le commencement du dixième siècle, le moine Hucbald de Saint-Amand recommandait les suites de quartes et de quintes comme produisant une suave harmonie, Ces suites de quartes et de quintes, qui nous paraissent aujourd'hui si barbares, n'avaient, au temps de Hucbald, rien que de très-conformé à l'instinct musical de l'époque. Ce fait qui nous paraît si étrange, est dû à l'éducation de l'oreille, Voici l'explication toute lumineuse qu’en donne M. de Coussemaker :

& Quand nous entendons une quinte, dit-il, cet intervalle

harmonique représente à notre oreille un accord parfait, car bien que la tierce ne soit pas exprimée, on la sousentend comme si elle existait. Il en résulte que, en

entendant deux ou plusieurs quintes de suite, c’est comme si nous entendions deux ou pasteurs accords parfaits successifs ; ce qui blesse notre oreille, qui ne souffre pas le passage aussi brusque d’un ton à un autre. Il n’en était pas ainsi au moyen-âge, où l'harmonie moderne n'existait pas: une quinte ne représentait pas un accord parfait ; cet accord était alors inconnu. La partie constitutive de

(1) Voyez l'opinion de l’abbé Lebœuf sur la compétence des musiciens en fait de musique ansienns : Dictionnaire de M. J. d’Ortig:9, col. 888,

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l'accord parfait, la tierce, non-seulement n'était pas admise, mais encore était considérée comme dissonance, La quinte, au temps de Hucbald, était moins un accord qu'un seul et même son. Les suites de quintes, de quartes et d’octaves produisaient sur l'oreille des musiciens du moyen-âge l'effet que produit sur la nôtre le jeu de mixture de l'orgue, c’est-à dire un effet vague, étrange, indéfinissable, mais nullement désagréable et barbare.” (1)

Mais cette question d'harmonie nous entrainerait trop loin. Au reste elle n'appartient pas rigoureusement À notre sujet, puisque l'harmonie n’est pas et n’a jamais été le fait du peuple. Disons cependant, en terminant, que l'harmonie ne doit être ajoutée aux chants populaires qu'avec beaucoup de tact et de goût ; que très souvent, elle en gêne l'allure et le rhythme, quand elle n’en détruit pas complètement la modalité; et que, dans les conditions actuelles de la science, il vaut mieux, le plus souvent, qu’elle ne paraisse pas du tout.

Dans toutes les remarques qui précèdent, on a pu voir que je n'ai pas tenu plus de compte qu'il ne faut des idées qui ont généralement cours parmi nous et des lois de notre Musique moderne. La raison en est simple: ayant à examiner, dans nos chants populaires, une musique réellement d'un autre âge, je serais arrivé infailliblement aux conclusions les plus fausses si j'avais envisagé ce

(1) Coussemaker. His de l’Harmonie au moyer-4ge.

sujet au point de vue de l’art moderne. ‘“ Une cause d'erreurs malheureusement trop commune dans les arts,

| a dit un écrivain français, est la prétention de soumettre, à toute force, ls monumenis d’une époque reculée aux règtes dès époques récentes, et de compromettre: ainsi la sûreté du coup d'œil rétrospectif par la rétroactivité des jugements”... Ta pente à l'anachronisme, a dit aussi M: Vitet, l'application involontaire dé nos idées, dé nos habitudes, à. la recherche.des choses: d'un. autre. temps, est une des grandès sources.d’erreurs en archéologie.”

De tout ce qui a été dit das ces Remarques, comme aussi dâns quelques unes des Añnotations qui les précèdent, on a déjà pu tirer et nous tirerons les conciusions suivañtes :

1° Que la tonalité grégorienne, avec ses échelles modales et son rhythme propres, n’est pas un reste de barbarie Fe et d'ignorance, mais une des formes infinies de l'art, : forme parfaitement rationelle et éminemment propre à D — l'expression de sentiments religieux.

2° Que le peuple de nos campagnes, dont les chants se rapprochent tant de cette tonalité, est bien encore le digne descendant de ces vaillants et pieux enfants de la Bretagne, du Perche et de la Normandie, qui, le fusil d’une

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main, et de l’autre tenant la charrue, commencèrent, avec tant de courage, les premiers établissements de la Nouvelle-France.

cause.

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C’est la poulette grise... ...sscsssssssse C’est le bon vin qui danse... …....ssssnssssssue D'est l’vent frivolaut......ssssosscssssee C’est Pinson avec Cendrouille.................... C'était due FORTE user cesmerssonensesa ste Chez mon père ya trois filles...................... Dans les chantiers nous hivernerons.............. Dans les prisons de Nantes....................... Dans ma main droite je tiens rosier............... Dans Paris ya-t-uue brune ............ Menton Dans tous les cantons............................ Descendez à l’ombre.............................

Digue dindaine............................ PR D'où viens-tn, bergère ?...................... sése Eu filant ma quenouille................ Vaste Er revenant de la jolie Rochelle... ........ és és En roulant ma boule..................ss.coss eee Entre Paris et Saint-Denis.................... ire Et moi je m’enfouiyais....................... us Et moi je m'en passe! ..... insiste rues Fendez le bois, chauffez le four................... François Marcotte............. soso as .

Fringue, fringue.. ......s.sssccosssomossosss ess TP POUR mr usoneueaca sensor k Gai lon la, gai le rosier...................... Sense Gonticoranr. .. ss ssopsossssssomsmssucsse see Hier sur le pont d’Avignon................... re Il n’y a qu’un seul Dieu.......................... Isabeau s’y promène................,............ Jaoquot HUQUOS dis séasssscesocossraonesssses J'ai cueilli La belle rose..........:............. ” J'ai fait une maîtresse. .......................... J'aimerai teudrement............................ J'ai perdu mon amant.......................... J'ai tant dansé, j'ai tant santé ! ................ äé

J'ai tant d'enfants à marier !..................... J'ai trop grand’ peur des loups !.................. J'ai trouvé le nique dé lièvre... uses u ne J'ai vu le loup, le renard passer...

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