‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 46 sur 132 · PETIT JEAN · texte numérisé non relu

PETIT JEAN

On ne saurait chanter ses malheurs plus gaiment que le pauvre * petit Jean” de ces couplets. L'anomalie qu'offre cette musique si allëgre ajustée à des couplets si larmoyants, n'a pas échappé à nos chanteurs campagnards, qui ajoutent encore au contraste en donnant à leurs voix certaines inflexions comiques qui se refusent à toute notation, et que j'ai indiquées par des traits.

On remarquera que cette mélodie. ‘ont l'allure est toute franche, toute naturelle, mème pour des oreilles accoutumées à la musique de Rossini, n'appartient cependant ni au mode majeur ni au mode mineur. Je lai traitée comme appartenant au premier mode de la tonolité ancienne, et voilà pourquoi je n'ai armé la clef que d'un seul bémol. Si simple qu'eile soit, cette petite mélodie offre une preuve frappante de ce fait important sur lequel j'ai déjà attiré l'attention du lecteur: qu'il n’est rien d’irrationnel dans l'existence de modes äutres que ceux dans

lesquels écrivent tous les compositeurs de nos jours.

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