‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 69 sur 132 · ADAM ET EVE · texte numérisé non relu

ADAM ET EVE

Une des strophes de cette complainte, celle où un Rédempteur est promis à nos premiers parents, rappelle la belle et pieuse légende du Crâne d'Adam ou du Calvaire :

ss... Les soldats, eu plautant la croix dans le sol, l'ont disposée de sorte que le diviu crucifié tourue le dos à Jérusalem, et éteud ses bras vers les régions de l’occident. Le Soleil de la vérité se couche sur la ville déicide, et se lève eu inêine temps sur la nouvelle Jérusalem, sur Romne, cette fière cité, qui a la conscieuce de sou éteruité, mais qui iguore eucore qu’elle ue sera éteruelle que par la Croix.

# L'arbre du salut, en plongeant daus la ierre, a reucontré une tombe ; et cette tombe est celle du premier homme. Le sang rédempteur coulant le long du bois sacré desceud sur un crâue desséché ; et ce crâne est celui d'Adam, le grand coupable dont le crime à rendu nécessaire une telle expiation. La iniséricorde du Fils de Dieu vient planter sur ces ossemeuts endormis depuis tant de siècles le trophée du pardon, pour la honte de Satan, qui voulut uu jour faire touruer la création de l’homme à la confusion du Créateur. La colline sur laquelle s'élève l’éteudard de notre salut s'appelait le Calvaire, nom qui signifie un Crânue humaiu; et la tradition de Jérusalem porte que c’est en ce lien que fat enseveli le père des hommes etle preinier pécheur. Les saiuts Docteurs des premiers sièeles ont couservé à PEzlise li mémoire d'an fait si frappant ; saint Basile, saiut Ambroise, saint Jean Chrysostôme, saint Epiphane, saiut Jérôme, joigueut leur témoignage à celui d'Origèue si voisin des lieux ; et les traditious de l'iconographie chrétienne s’unissant à celles de la piété, où a de bonue heure adopté la eoutume de placer, en mémoire de ce grand fait, un erâue humain au pied de l’image du Sauveur en croix.” (Dom Guéranger, Année

hturgique, cinquième sectiou, page 541.)

Voici les quelques lignes que M. Champfleury consacre

à la complainte d'Adam et Eve dans ses Chansons populaires des provinces de France :

Le) î ‘ Dans un jardin couvert de fleurs est une complainte qu’une V4 dame a euteudu chanter à nn pauvre dans les environs de Montpellie.. C’est la complaiute daus toute sa naïveté, avec ses mots touchants, avec sa musique douce et -plaiutive, avec ses puérilités, avec 828 beaux vers quelquefois, avec sa poésie, quoi qu’en disent les poëtes.”

M. Champfleury ne donne, dans son ouvrage, que les quatre premiers des vingt-trois couplets que l’on va voir ci-dessous. La mélodie recueillie par M. Wekerlin et fe publiée dans le mème ouvrage, est semblable, presque

note pour note, à celle que l’on chante en Canada.

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Daus uu jar- din couvert de fleurs, Plein de dou-

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ceurs, Dieu eré- «4 l’homme a son i- ma- ge. Ce beau sé-

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jour E-tait la preuveet le vrai ga- ge De son a-

mour.

Dans un jardin couvert de fleurs, Plein de douceurs,

Dieu créa l’homme à son image.

Ce beau séjour

Etait la preuve et le vrai gage

De son amour.

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Adam était assis tout seul Sous un tilleul,

Etant couché sur l'hebe tendre, Trauquiliement,

Un doux sommeil vint le surprendre Dans ce moment.

Pendant qu'il dort, son Créateur Et son Auteur

Lui enl’va doucement uu’ côte De son côté ;

En forma un’ charmante femme Rare en beauté.

Adam la voyant, s’écria :

Ah! la voilà!

Ab! la voilà celle que j'aime, Los de mes 08 ;

Donnez-moi-la, bonté suprême, Pour mon repos.

Adam, père du gerre humain, Prit par la main

Eve, cette charmante belle, Sa tendre épouse,

Devaut Div se #86 pyec elle A deux génonx

Dieu bénit ce couple charmant Dans le moment.

Un berceau tissu de verdure Faut leur logis ;

De fleurs j'aime la bisarrure De leur tapis.

Dieu prit Adam et le conduit Auprès d’un fruit,

Lui disant: Mon fils, prend bien garde, Ne touche pas

A ce bean fruit que tu regardes, Crains le trépas.

De ce lieu je te fais le roi, Tout est à toi,

Mais souviens-toi ile ma défense A l'avenir,

Et respect’ l’arbre de science, D'peur de mourir.

Adam prit Eve et lui montra Cet arbre-là ;

Lui disant: Mon épous’ chérie, Garde-toi bien

De le toucher, je t’en supplie, Pour notre bien.

Ev’ s'étant écarté, un jour, Daws un détour.

Le serpeut rencontra la belle Et lui parla.

Le discours qu’il eut avec eile Cher nous coûta.

—$Salut à la divinité!

Rare beauté,

Perle sans prix, vivante image Du souverain,

L'ornement, le plus bel ouvrage De ce jardin.

Je te ferai part d’un secret Dans ce bosquet :

J'ai acquis de la connaissance

De ce beau fruit; Viens donc, tu sauras la science Qu'il en produit.

Mange ce fruit délicieux, Ouvie les yeux!

La friande eneillit la pomme :

Elie en mangex ;

Elle en porta à son cher homme

Qui s’affligea.

—Ah! malheureuse, d’où viens-tu ?

Je suis perdu!

Quel est ce fruit? où donc est l’arbre ?

Montre-le moi!...….

Mon eœur devient froid comme marbre; Dis-moi pourquoi !

—Adun, Adam, entends ma voix, Sors de ce bois!

Dis-moi done ponrquoi tu te caches ; Queile raison...

Et ne crois-tuù pas qne je sache Ta trahison ?

—Moun Créateur, j'ai reconnu Que j'étais nu ;

Mais mon Auteur, mon divin Maître, En vérité,

J'ai honte de faire connaître Ma nudité.

—Approche-toi, monstre infernal, Auteur du mal,

Si tu as détruit l’innocence, Dis-moi pourquoi !...…

CH. NSONS POPULAIRES

Je vais prouoncer la sentencet Ecoute-moi !

T'as servi d’organe au démon:

Poiut de pardon!

La terre pour tu uourriture Tu mangeras ;

L'homme, dans su juste colère, T'écrascra.

6 Tu n'as pas éconté ma loi, Femme, ponragnoi ?

Mène nue vie pâuitente:

Dans ma rigneur,

Tu souffiiras, lorsqu’ t'enfant're@ De grand’ douieurs.

& Adam, tu mangeras ton pain Avec chagrin.

Va cultiver la terre iugrate ; Sors de ce lieu !

Et n'atteuds plus que je te flattes Je suis ton Dieu.”

Je te fais mes derniers adieux Le: larm’s aux yeux,

Jardiu charmant, heureux parterre f...e Quel triste sort !

Je m'en vais cultiver la terre Jusqu'à la mort !

Un auge vint le consoler Et lui parler,

Lui annonçant que le Messie Viendrait un jour

Naître &: la Vierge Marie, Pour leur amour,

Enfin le temps si désiré Est arrivé.

Dieu touché de notre misère, Envoie son Fils.

Et voilà le fruit salutaire Qu'il a promis.

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