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autour des rapides et en bas du portage, arriva tout essoufflé au milieu des familles dispersées autour des cabanes, en criant : Nattaoué ! Nattaoué ! Les Iroquois ! Les Iroquois |
En effet un parti de guerre iroquois était, en ce moment, à environ une lieue en bas du portage des Sept-chutes : ils savaient que e’était le temps où les cauots descendaient la Grande-rivière venant des pays de chasse, et ils vouluieut faire coup.
Ilu’y avait qu'un seul moyeu d'échapper, c'était de teuter de sauter les ranides, choses À peu près inouïe; car, comme le disait le vieux Morache, ils ne sont pas drus les canots qui sautent les Septchutes !
Mais ee n’était pas tout cependant, il fallait encore que quelqu'un restât sur plice pour opérer une diversion, attirer les Troqnois dans le bois et les empêcher ainsi, uue fois engagés dans le portage, de couuaître ce qui était arrivé, Pour qui sait ce que e’était que les Iroquois dans ce temps là, il sera facile de comprendre que, sans pareil stratag ème, l'examen des traces toutes fraîches laissées par les familles les eut fait de suite partager en deux bandes, dont l’une eut remouté et l’autre desceudu la rivière, à la poursuite des fugitifs.
Cadieux, comme le plus capable et le plus euteudu de tous, se chargea de la périlleuse mais généreuse mission, prenaut avec lui un jeune Algouquin daus le courage et la fideiité duquel il avait une parfaite coufiauce. Leur but atteiut, Cadieux et son compagnon se proposaieut de prendre le chemin le plus sûr pour rejoindre leurs geus, qui devaieut envoyer à leur reucoutre en cas d’un trop long retard.
On leva les cabanes : uue fois les préparatifs faits, Cadieux et son jeuue compagnon armés de leurs fusils, haches et couteaux, munis de quelques provisious, partireut pour aller a-devaut des Iroquois. Il était conveuu que les canots laissersieut le couvert de la rive et se lauceraieut daus les rapides, dès qu'on aurait enteudu Île rapport d’un ou plusieurs coups de fusils daus la direction dn portage.
Une heure ue s'était pas écoulée qu'un conpde fusil reteutit, suivi bientôt d’un autre, puis de plusieurs. Peudaut cette Lutte, au bruit des détonatious, les canots, eugagés daus les terribles courauts, bondissaient, au milieu des bouillons et de l'écuine, plougeuient et se relevaient sur:la crête des vagues qui les emportaieut dans leur course Les habiles canvotiers, femnines et homines, aux deux bouts
de chaque canot, régnlarisaient leurs mouvements, évitaient les pointes acérées des rochers, et tenaient, avec leurs avirous, ces frèles cassots d'écorce dans les filets d'eau propices, iudiqués par l’état de la surface des onde et la forme des courants.
Ou s'était, eu partant, recominaudé à la bonne sainte Aune et on priait de cœur tout le temps.
—Je n'ai rien vu daus les Sept-chutes, disait dans la suite la femme de Cadieux, qui était une pieuse femme, jé u'ai rien vu qu'uue Grande Dame Blanche qui voltigeait devaut les canots et nous moutrait la route!
Les cunots furent sauvés et reudus en peu de jours hors de l’atteiute des euuemis au Lac-des-Deux-Moutagnes. Mais que faiseient Cadieux et sou sauvage pendant tout ce temps, et que deviurent-ils ? Voiei ce qui s'était passé, comme on l’a su plus tard de quelques Iroquois et des gens euvoyés au devant du brave iiterprète.
Cadieux avait d’abord laissé les Iroquois s'eugager dans le portage. Après avoir choisi leudroit le plus favorable pour les tenir hors de la vue de la rivière, il s'était placé en embuscade à petite portée du sentier, bien caché dans d’épaisses broussailles : il avait de même embusqué son sauvage à quelques arpents plus haut, pour faire croire à la présence de plusieurs partis une fois l’affaire en train.
Cadieux laissa passer les éclaireurs iroquois, qui furetaient de l'œil les bords du sentier, et les premiers guerriers porteurs des canots, jusqu’à ce que, les ennemis ayant atteiut l'endroit occupé par le jeune Algonquin, il enteudit le coup de feu de celui-ci et le cri d’un ennemi atteint. |
Les Iroquois ainsi subitement attaqués bondireut de surprise et firent halte à l'instant; mais avaut même que les porteurs ne se fusseut délivrés de leurs charges, un second coup de fusil, tiré par Cadieux au milieu du convoi, abattit un second guerrier.
Il est probable que Cadieux avait donné rendez-vous à son sauvage daus une espèce de petite savaue peu éloigné du portage; car c'est vers cet endroit que tous deux se dirigèrent, en faisant avec succès le coup de feu à l'abri des taillis.
Les avantages avec lesquels les deux braves faisaient la guerre à leurs nombreux ennemis n’empêchèrent pas, cependant, le jeune
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algouquin de toinber sous leurs coups: Il ne rejoignit pas Cadieux au lieu du rendez-vous ; inais il vendit chèremeut sa vie.
Peudaut rois jours les Jroquois battireut la forêt pour retrouver les traces des familles, ne s'inagiaant pas même qu'ils eusseut pu entreprendre la desreute des raides; peudaut trois jours aussi, ils traquèrent le brave voyageur dans les bois. ‘Trois jours et trois puits qui fureut sans soumneil et sans repos pour le inalheureux Cadieux! An bout de ce temps les envahisseurs, désespéraut de rejoindre les familles et de se rendre maître de leur imprenable adversaire, convainens du reste qu'ils étaieut frastrés du fruit de leur expédition, remireut leurs cauots à l'ean pour redesceudre la Graude-rivière.
Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le départ des familles du Petit-rocher, on avait eu counaissance du retour des Troquois, et Cadieux u'était pas eucore arrivé: trois hommes partireut done, pour aller à la rencontre de l’interprète et de son compaguon. Ces trois voyageurs renontèrent l'Outaouais jusqu'au Portage-du-fort sans trouver de traces de quoi que ce fut; là ils commencèrent à observer 1 s marques du passage des Iroquuis et plus haut des sigues qu’ils recounurent comme indiquant que leur ami avait séjourné daus le voisinage.
Quaud, arrivés au portage des Sept-chutes, ils trouvèrent un petit abri coustruit de brauches qui paraissait avoir été abandonné : ils résolurent de pousser uu peu plus loin leurs recherches, pensant que Cadieux et son camarade avaieut peut-être été obligés de remouter la rivière, pour preudre refuge chez les sauvages de l'Ile.
Deux jours plus tard, c'était le treizième depuis l1 séparation de Cadieux et des familles, ils reviureut sur leurs pas après avoir consulté des sauvages qu'ils rencoutrèreut, certains que leurs deux anis étaieut rendus au Lac-des-Deux-Moutagues ou morts.
Eu repassant de nouveau près du Petit-rocher, ils aperçurent de loin, sur le bord du sentier du portage, à côté de la petite loge qu’ils avaient cru abandouuée quelques jours auparavaut, une croix de bois dont ils s’approchèrent avec un respect mêlé d’un étonnement étrauge.
La croix était plantée à la tête d’une fosse, à peine creusée dans le sol, et daus cette fosse gisait le corps encore frais de Cadicux, à demi enseveli dans des brauches vertes. Les mains du mort étaieut
jointes sur sa poitrine, sur laquelle reposait un largc feuillet d'écorce de bouleau couvert d'écriture.
Les voyageurs prirent cette écorce qui devait leur révéler le mystère de la mort de leur ami et leur en expliquer les circoustauces extraordiuaires ; celui d’entre eux qui savait lire lut les écritures coufiées à ce papier des bois et les relut plusieurs fois, en face du cadavre à peiue refroidi du brave Cadieux.
De tout ce qu’ils voyaient et de ce qui était éerit sur cette écorce, les voyageurs couclurent que le pauvre Cadieux, le cerveau épuisé par la fatigue, les veilles, l'inquiétude et les privatious, avait fiui, comme c'est presque toujours le cas daus ces circonstauces, par errer à l'aventure jusqu’à ce qu’il fut revenu à l’eudroit même d'où il était parti: qu’une fois là il avait vécu sans dessein (*), selon l’expressiou du vieux Morache, pendant quelques jours, se nourrissant de fruits et d’un peu de chasse, saus faire de feu dans sa petite loge de crainte des Irequois, allant s’affaiblissant de jour eu jovr : que lors de leur passage dans ce lieu, deux jours auparavant, il les avait reconnus, après examen ; mais que l'émotion de la joie avait produit sur lui un choc tel qu’il resta sans parole et sans mouvement: qu'après leur départ, eufin, ayant perdu tout espoir, se sentant près de mourir et retrouvant un peu de forces dans ces
momeuts solennels, il avait, après avoir écrit ses derniers adieux au monde des vivants, ait les préparatifs de sa sépulture, mis sa croix sur sa tombe, s’etait placé dans sa fosse et avait amoncelé, de son mieux sur lui, ces branches dont sou corps était recouvert, pour attendre ainsi das la prière la mort, qu’il comprenait ne pas devoir tarder à venir.
Cadieux était voyageur, poète et guerrier; ce qu’il avait écrit, sur l'écorce dont il est parlé, était son chant de mort. Avant de se coucher dans cette froide tombe du portage des Sept-chutes, l'imagination de celui qui avait tant vécu avec la nature s'était exaltée, et, comme il avait coutume de composer des chansons de voyageur, il avait écrit sur ce feuillet des bois son dernier chant. (+)
IL s'adresse d’abord, daus cette complainte de la mort, aux êtres
ee —————————— (*) Sans dessein est la traduction d'une expression sauvage qui veut dire : sans plan arrêté, sans souci, sans soin, cans bu particulier, sans signification connue.
Cf) On écrit sur l'écorce de bouleau, après avoir enlevé quelques feuillets intérieurs, au moyen d’une pointe ou stylet quelconque d'os ou de métal.
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qui l'entourent pour leur aunoncer sa fin prochaine et ses rezrets de quitter la vie; puis il parle de sês souffrances, des inquiétr ‘es qu'il éprouve pour les fanilles qu'il réunit eusemble, daus sa sollicitude, sous le nom collectif d'amis. Il parle de ses terribles appréheusious à la vue de la famée d'un eampernent près de sa loze, de sou trop graud conteutemeut de reconnaître des visages frauçais, de sou impuissance à les appeler et à s'élancer vers eux, de leur départ saus s Gtre aperçu de sa présence, et de sa désolation
Cadieux voit un loup et uu corbeau veuir flairer sou corps malade; par uu retour de gaieté de chasseur et d'orgueil de guerrier des forêts, il meuace, l’uu de son fusil at dit à l'autre d'aller se repaitre des corps des Iroquuis qu'il a tués.
Il charge eusuite le ros-iguol, compagnon de ses uuits saus son meil, d'aller porter ses adieux à sa femme et à ses enfauts qu’il a tant aimés; enfin, comme uu bou chrétien qu’il est, il se remet entre les mains de sou Créateur et se recommaude à la protectiou de Marie.
Des voyageurs out prétendu que Cadieux ne savait pas écrire, et que le fait de ce chant écrit sur de l'écorce ue pouvait être, par couséquent, que le résultat d’uu miracle ; mais Cadieux, saus être instruit, savait écrire comme tous les interprêtes de ce temps-là. Toujours est-il que la chose a été vue comme elle est racontée.
Les trois Canadieus pleurèrent eu lisant sur l'écorce ce chant de mort du brave Cadieux. Ils cousolidèrent la croix de bois, remplirent la fosse qui couteuait les restes de cet homme fort, élevèreut uu tertre sur cette tombe solitaire et prièrent pour le repos de l'âme de leur ani.
L’écoree sur laquelle était écrite la compiainte de Cadieux fut apportée au poste du Lac: les voyageurs adaptèreut uu air approprié à ce chant si caractéristique de la rude vie de chasseur et de guerrier des bois, si étonnant par les idées et si digne de remarque à cause des circonstauces de sa compositiou. (°)
M. Houde, ancien député, qui a longtemps voyagé sur
ps
C9) Je connai: un des descendants du héros de cette histoire, le père André Cad:eux, vieillard de 71 ans, qui réside sur les bords du lac Huron.
#f Cadieux, m'a-t-il dit, était le grand-père de mon grand-père ! ”” (Note de M. laché.)
206 CHANSONS POPULAIR:S
l'Ottaoua, et qui a passé, lui-même, plus de cent fois au tombeau de Cadieux, m'a chanté la première version de l'air noté ci-après. La seconde version m'a été chantée par un voyageur de Sorel.
Pe- tit ro- cher de la hau-te mon-ta- gne,
brel soon ET
Je viens i- - ci fi-nir cet- te cam- pa- guel!
re
Ah! doux é chos, en- tendez mes sou- pirs ;
ibn i N = 3}
UV
Eu lan-guis- saut je vais bien- tôt mou- rir!
AUTRE VERSION
SEE SE eme em
= me + me he me ee mme = em Les sg —
Pe-titro- cher de la hau-teinou- ta- ge,
Je viens i- - ei fi-nir cet- te cun- pa- guel!
pente fe mes pannes fuzod Pomnpee from, ut fran Ro) Qi pentins Para born EE —e=|=* HE + Large]
Ah! doux é- chos, en- teudezmes sou- pirs;
ini]