‹ Chansons populaires du Canada [microforme]Chapitre 98 sur 132 · QUI VEUT MANGER DU LIÈVRE · texte numérisé non relu

QUI VEUT MANGER DU LIÈVRE

Je ne connais rien pour guérir de la dyspepsie ou du spleen anglais comme de courir le lièvre. On fait asseoir deux personnes sur deux chaises placées l’une vis-à-vis de l'autre et séparées par une distance de quelques pieds’ Debout, les mains sur les dossiers des chaises, se tiennent deux jeunes gens, représentant un chasseur et un lièvre, qui n’attendent que le signal convenu pour coûrir l’un

après l’autre. Quelqu'un de la compagnie se met alors à chanter :

Qui veut manger du lièvre N'u qu’à courir après...

Celui qui fait le chasseur bondit à la première note et se met à la poursuite du lièvre, qui se sauve de son mieux en tournant autour des deux chaises. Il est permis de changer brusquement le sens de la course, de tourner subitement à droite après avoir couru à gauche, mais ni lun ni l’autre des coureurs n’a droit de passer entre les deux chaises.

Lorsque le chanteur dit: Accorde, accorde! cela équivaut à un armistice: les coureurs doivent s'arrêter aussitôt et s'appuyer les mains sur les dossiers des chaises, — chacun la sienne,—jusqu'à ce que le couplet qui com. mence par ces mots soit terminé et qu’on en ait commencé un autre. Or, comme ces couplets se chantent'sans ordre régulier, on comprend que le chanteur a ici les pré-

rogatives d’un président d’assemblée législative, et qu’il peut souvent favoriser la partie pour laquelle il a le plus desympathie; ainsi, il peut fort bien, lorsqu'il voit le chasseur sur le point d'atteindre sa proie, chanter aussitôt : Accorde, accorde ! pour favoriser celle-cr,

Un des refrains de cette ronde à évidemment quelque lien de parenté avec ce refrain de La petite Lingère, que l’on chante en France, dans le Poitou rt l'Angoumoïs :

A-t-on jamais vu Coudre, aussi n’nu coudre ?

A-t-on jamais vn Coudre si menu ?

a —— — eh 4 — HN —

Qui veut man- ger du lièvr’ N'a qu’à cou-

ss) —2—|— Se EE pole de dre — rir a- près Coure a- près ton lièvr’, Là- bas, dans Refrain.

ces fo- rêts, La belle, en vous ai- mant, Per-drai-

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je mes pei-nes? Moi uui vous ai- me tant, Per-drai-

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