DANS LES PRISONS DE NANTES
La musique comme les paroles de cette chanson en font une des plus jolies du répertoire de nos chanteurs populaires. Nos bateliers et voyageurs canadiens la chantent sur deux airs également beaux. Le premier qui est transcrit ci-dessous se chante surtout en canot : chaque coup d’aviron marque le premier temps de chaque mesure. Le mouvement du second est plutôt celui de la rame : c’est un air de chaloupe. Cette chanson paraît être complètement ignorée en France. M. Hubert LaRue, dans son intéressante étude littéraire sur nos chansons populaires canadiennes, fait remarquer que quelques marins chantent aujourd’hui : « Dans les prisons de Londres » au lieu de, « Dans les prisons de Nantes ». C’est tout naturel. Pour peu qu’un voyageur ait vu du pays, il a rencontré des Anglais, des Irlandais, des Ecossais, qui lui ont parlé de Londres, d’Edimbourg, de Cork ou de Dublin, mais de Nantes, jamais ! Il s’imagine alors que « Nantes » est une corruption du mot « Londres », et il chante « Londres ». Cependant, dans nos campagnes.
où beaucoup d’habitants n’ont pas plus entendu parler de Londres que de Nantes, on chante toujours : « Dans les prisons de Nantes ».
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Dans les prisons de Nan - tes, Dans les prisons de
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N'an-tes Lui ya-t-un pri - sonnier, gai, fa - lu - ron fa - lu-
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AUTRE VERSION
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Dans les prisons de Nan - tes, Dans les prisons de
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Nan-tes, Lui ya-t-un pri-son-nier, gai, faluron don - dai-ne,
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Lui ya-t-un pn - sonnier, gai, fa-lu-ron don - dé.
Dans les prisons de Nantes (bis)
Lui ya-t-un prisonnier, gai, faluron, falurette,
Lui ya-t-un prisonnier, gai, faluron, dondé.
Que personn’ ne va voir (bis)
Que la fill’ du geôlier, gai, faluron, falurette,
Que la fill’ du geôlier, gai, faluron, dondé.
Elle lui porte à boire, (bis)
A boire et à manger, gai, faluron, falurette,
A boire et à manger, gai, faluron, dondé.
Un jour il lui demande : (bis)
— Qu’est-c’que l’on dit de moué ? gai, faluron, falurette, Qu’est-c’que l’on dit de moué ? gai, faluron, dondé.
Le bruit court dans la ville (bis)
Que demain vous mourrez, gai, faluron, falurette, Que demain vous mourrez, gai, faluron, dondé.
— Puisqu’il faut que je meure, (bis)
Ah ! déliez-moi les pieds, gai, faluron, falurette,
Ah ! déliez-moi les pieds, gai, faluron, dondé.
La fille encore jeunette (bis)
Lui a lâché les pieds, gai, faluron, falurette,
Lui a lâché les pieds, gai, faluron, dondé.
Le garçon fort alerte, (bis)
A la mer s’est jeté, gai, faluron, falurette.
A la mer s’est jeté, gai, faluron, dondé.
De la première plonge, (bis)
Au fond il a été, gai, faluron, falurette,
Au fond il a été, gai, faluron, dondé.
De la seconde plonge, (bis)
La mer a traversé, gai, faluron, falurette,
La mer a traversé, gai, faluron, dondé.
Quand il fut sur ces côtes, (bis)
II se mit à chanter, gai, faluron, falurette,
II se mit à chanter, gai, faluron, dondé.
« Que Dieu béniss’ les filles, (bis)
Surtout cell’ du geôlier, gai, faluron, falurette, Surtout cell’ du geôlier, gai, faluron, dondé.
« Si je retourne à Nantes, (bis)
Oui, je l’épouserai ! gai, faluron, falurette,
Oui, je l’épouserai 1 gai, faluron, dondé ».
DANS LES PRISONS DE NANTES (Autre air).
Pour rendre la mélodie qui va suivre selon les règles de la composition, il eût fallu écrire après la troisième mesure :
son-
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nier, fa - lu - ron don - dai * ne, Lui ya- t-un...
De cette façon la mélodie eût formé douze mesures bien comptées, et la note do, qui se chante sur la première syllabe du mot prisonnier, eût arrivé juste sur le temps fort de la sixième et de la dixième mesure, comme le rythme l’exige. Mais, encore une fois, je note ces chansons telles qu’on me les chante, et pas autrement. Au reste, la mesure, telle qu’écrite ci-dessous, indique parfaitement à quels endroits de la mélodie le batelier donne de la rame, — ce qu’il fait sans se préoccuper le moins du monde des temps forts et des temps faibles.
Lentement .
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Dans les prisons de Nantes, Dans les prisons de
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