‹ Chansons populaires du Canada, recueillies et publiées avec annotations, etcChapitre 24 sur 136 · AU JARDIN DE MON PERE UN ORANGER LUI YA · texte numérisé non relu

AU JARDIN DE MON PERE UN ORANGER LUI YA

Le « marché de Lava » dont il est parlé dans cette chanson, n’est autre chose que le marché de Laval , ville française du département de Mayenne. De Laval on a fait Lava pour la rime. J’ai entendu chanter à Québec :

Au marché où tout va, limouza...

Ces couplets se chantent encore en Normandie, le plus

souvent en chœur, et sur un air de litanies du chant grégorien. Le refrain normand ne ressemble pas du tout au nôtre.

On remarquera que le refrain joue un grand rôle dans cette chanson. C’est là un des traits caractéristiques de la chanson normande. « Dans les campagnes de F Avranchin, dit M. Eugène de Beaurepaire, elles accompagnent (les chansons) les travaux de la moisson et surtout la cueillette du chanvre... En écoutant le soir ces poésies singulières... on se croirait volontiers reporté à des époques fort anciennes. Deux lignes au plus composent le couplet. Le refrain est vraiment la partie la plus importante ; il supplée à la pauvreté ou à l’absence de la rime, et c’est lui qui donne toujours lieu aux fantaisies vocales les plus compliquées ».

Le jeune homme qui figure dans ces couplets a évidemment reçu de bien mauvais exemples de son avocat de père.

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Au jar - dm de mon pè - re Un o - ran - ger lui

doubles mou-tons, les mou - tons, les mou-tons, les mou-

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tons, les moutons, don - dé, dou, dou, les montons, les mou¬

tons, les mou-tons, les mou - tons, les mou - tons, don-

Au jardin de mon père Un oranger lui ya, limouza,

Qu’est si chargé d’oranges

Qu’on croit qu’il en rompra, limouza,

J’aime, j’aime, oh ! gai, gai, gai,

J’ai le cœur san gai ;

J’entendis chanter, danser

Les moutons, les moutons, dondé ;

Dou, dou, les moutons, les moutons,

Les moutons, les moutons, les moutons, don dé.

Qu’est si chargé d’oranges

Qu’on croit qu’il en rompra, limouza.

Je demande à mon père

Quand c’qu’on les cueillera, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

Je demande à mon père

Quand c’qu’on les cueillera, limouza.

Mon pèr’ me fait réponse :

Quand ton ami viendra, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

Mon pèr’ me fait réponse :

Quand ton ami viendra, limouza.

Les oranges sont mûres,

Mon ami ne vient pas, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

Les oranges sont mûres,

Mon ami ne vient pas, limouza.

J’ai pris une échelette,

Mon panier dans mon bras, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

J’ai pris une échelette,

Mon panier dans mon bras, limouza ; Je cueillis les plus mûres,

'Laissai les vertes là, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

J’ai cueilli les plus mûres,

'Laissai les vertes là, limouza.

’M’en vais au marché vendre,

Au marché de Lava, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

’M’en vais au marché vendre,

Au marché de Lava, limouza.

Dans mon chemin rencontre Le fils d’un avocat, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

Dans mon chemin rencontre Le fils d’un avocat, limouza ;

’M’en prend une douzaine,

Ne me les paya pas, limouza.

J’aime, j’aime, etc.

’M’en prend une douzaine,

Ne me les paya pas, limouza.

— Ah ! monsieur, mes oranges !

Vous n’me les payez pas ! limouza.

J’aime, j’aime, etc.

Ah ! monsieur, mes oranges 1 Vous n’me les payez pas ! limouza.

— Passez de chez mon père,

Il vous les paiera, limouza.

J’aime, j’aime, oh ! gai, gai, gai,

J’ai le cœur san gai ;

J’entendis chanter, danser

Les moutons, les moutons, don dé :

Dou, dou, les moutons, les moutons,

Les moutons, les moutons, les moutons don dé.

(bis)

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