C’EST LA BELLE FRANÇOISE
J’ai souvent entendu chanter cette chanson, dans le district des Trois-Rivières, avec la variante de la troisième mesure que l’on verra ci-dessous. Tous nos habitants de la campagne chantent « Qui veut s’y marier » avec les notes si b, fa, sous les mots Qui veut, et non pas si b, sol, comme on chante quelquefois à la ville. Cette dernière manière de chanter fait perdre à la mélodie beaucoup de son caractère et de son originalité.
Variante :
la bel -le Fran-
w sj T»-
C’est la bel-le Fran - çoise, Ion, gai, C’est la bel le Fran-
LJ - y —
çoi - se Qui veut s’y ma - ri - er, ma lu - ron, lu - ret - te,
Nb — I . .
•* Qui veut s’y ma - ri - er, ma lu - ron, lu - ré
C’est la belle Françoise, Ion, gai,
C’est la belle Françoise,
Qui veut s’y marier, ma luron, lurette. Qui veut s’y marier, ma luron, luré.
Son amant va la voire, Ion, gai
Son amant va la voire
Bien tard, après souper, ma luron, lurette,
Bien tard, après souper, ma luron, luré.
Il la trouva seulette, Ion, gai,
Il la trouva seulette
Sur son lit, qui pleurait, ma luron, lurette, Sur son lit, qui pleurait, ma luron, luré.
— Ah ! qu’a' vous donc, la belle, Ion gai,
Ah ! qu’a’ vous donc, la belle,
Qu’a* vous à tant pleurer ? ma luron, lurette, Qu’a’ vous à tant pleurer ? ma luron, luré.
— On m’a dit, hier au soire, Ion, gai,
On m’a dit, hier au soire
Qu’à la guerr’ vous alliez, ma luron, lurette, Qu’à la guerr’ vous alliez, ma luron, luré.
— Ceux qui vous l’ont dit, belle, Ion, gai, Ceux qui vous l’ont dit, belle,
Ont dit la vérité, ma luron, lurette,
Ont dit la vérité, ma luron, luré.
Venez m’y reconduire, Ion, gai,
Venez m’y reconduire
Jusqu’au pied du rocher, ma luron, lurette, Jusqu’au pied du rocher, ma luron, luré.
Adieu, belle Françoise, Ion, gai,
Adieu, belle Françoise !
Je vous épouserai, ma luron, lurette,
Je vous épouserai, ma luron, luré.
Au retour de la guerre, Ion, gai.
Au retour de la guerre,
Si j’y suis respecté, ma luron, lurette,
Si j’y suis respecté, ma luron, luré.
C’EST LA BELLE FRANÇOISE (Autre air)
Cette autre manière de chanter la Belle Françoise nous vient sans doute des gens d'en bas : il ne fut jamais venu à l’idée des habitants des rives du lac Saint-Pierre, par
exemple, d’introduire le mot « loup-marin » dans ces couplets. Connue de tout le monde dans les paroisses du bas du fleuve, la Belle Françoise au « blanc loup-marin » n’est pas tout-à-fait ignorée dans les autres parties du pays : je l’ai entendu chanter tout récemment par un Montréalais.
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